mercredi 25 avril 2012

En attendant le prochain "mercredi de la rue Férou", le 23 mai 2012....

le nouveau roman d'Eugenio Corti

Les éditions L’Âge d’Homme vous invitent au prochain

« mercredi de la rue Férou »



le 23 mai 2012 (18h-20h)

à la librairie L’Âge d’Homme

(5 rue Férou – 75006 Paris – M° St-Sulpice)


NOUS FÊTERONS LES NOUVEAUTES DU  « DOMAINE ITALIEN »
A L’AGE D’HOMME
avec

François LIVI  -  Gérard GENOT - Davide LUGLIO







Eugenio Corti, L’île Paradis ; François Livi, Italica. L’Italie littéraire de Dante à Eugenio Corti ; Antonio Fogazzaro, Malombra ; Gérard Genot, Courtes vertus ; les derniers numéros de la Revue des Etudes italiennes (Le théâtre de Dario Fo et Franca Rame. Poétique et dramaturgie).

Réédition du Cheval rouge d’Eugenio Corti.


Pour tout renseignement, consulter le blog :

http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/

LIBRAIRIE L’ÂGE D’HOMME 5, RUE FEROU - 75006 PARIS

Tél. : 01 55 42 79 79 - M° Saint-Sulpice ou Mabillon

lydwine.helly@free.fr – 06 75 87 17 02



Le Domaine italien à L’Age d’Homme dirigé par François Livi







Umberto BOCCIONI (1882-1916), Dynamisme plastique, préface Giovanni Lista. 160 p. 19 euros. Essai.

Gesualdo BUFALINO (1920-1996), Argos l’aveugle ou les songes de la mémoire, trad. par Ludmila Thévenaz, 168 p. 13 euros. Roman.

Gesualdo BUFALINO, Le semeur de peste, trad. par Ludmila Thévenaz, 164 p. 14 euros. Récit.

Dino CAMPANA (1885-1932), Chants orphiques, trad. et présentation par Christophe Mileschi. Edition bilingue. 183 p. 22 euros.

Charles-Albert CINGRIA (1883-1954), Pétrarque. 140 p. 8 euros. Biographie.

Eugenio CORTI (né en 1921), Caton l’Ancien, trad. par Gérard Genot, 391 p. 22 euros. Roman.

Eugenio CORTI, La plupart ne reviendront pas, trad. par François Livi. 256 p. 22 euros. Récit.

Eugenio CORTI, La responsabilité de la culture occidentale dans les grands massacres du XXe siècle, traduit par Hélène Mayor. 32 p. 6 euros. Essai.

Eugenio CORTI, La terre des Guaranis, trad. par Andrea Vannicelli avec la collab. de Jean-Marie Debois. 420 p. 25 euros. Roman.

Eugenio CORTI, Le cheval rouge, trad. par Françoise Lantieri, préface et présentation François Livi. 982 p. 34 euros. Roman. Nouvelle édition.

Eugenio CORTI, Les derniers soldats du roi, trad. par Gérard Genot et François Livi. 345 p. 19 euros. Récit.

Eugenio CORTI, L’île du Paradis, trad. par Gérard Genot, 242 p. 2012. 25 euros. Roman.

Eugenio CORTI, Paroles d’un romancier chrétien. Entretiens avec Paola Scaglione, trad. par François Livi. 192 p. 20 euros.

Eugenio CORTI, Procès et mort de Staline, trad. par Isabelle Colin. 144 p. 9 euros. Théâtre.

Eugenio CORTI, Science et foi, trad. par Slobodan Despot, 32 p. 6 euros. Essai.

Dossier H Julius Evola. 312 p. 39 euros. Document. Essai.

Julius EVOLA (1898-1974), Métaphysique du sexe, trad. de l’italien et préface Philippe Baillet. 372 p. 25 euros. Essai.

Julius EVOLA, Révolte contre le monde moderne, trad. de l’italien Philippe Baillet. 457 p. 25 euros. Essai.

Antonio FOGAZZARO, Malombra, traduit de l’italien Gérard Genot, postface François Livi, 2012. roman

Ugo FOSCOLO (1778-1827), De l’origine et des devoirs de la littérature, suivi de Les Tombeaux et Les Sonnets, trad., introduction et notes Gérard Genot, 121 p., 17 euros. Essai. Poèmes.

Anna FRABETTI, Le magicien italien. Luigi Pirandello et le théâtre français. 312 p. 35 euros. Essai.

Giambattista Vico et ses interprétations en France (Revue des Études Italiennes, 2005).

Giuseppe Ungaretti. Culture et poésie (Revue des Études Italiennes, 2003).

Giuseppe Ungaretti. Langue, poésie, traduction (Revue des Études Italiennes, 2008)

Carlo GOLDONI (1707-1793), La servante brillantissime, adaptation Monique Lachère. 128 p. 10 euros. Théâtre.

Carlo Goldoni et la France. Un dialogue dramaturgique de la modernité (Revue des Études Italiennes, 2007)

Italies (1880-1910) (Revue des Études Italiennes, 2001)

Itinerari europei di Marino Moretti (1885-1979) (Revue des Études Italiennes, 2002)

Tomaso LANDOLFI (1908-1979), La nuit doit tomber, trad. par Etienne Barillier, 148 p. 13 euros. Nouvelles.

Leopardi philosophe et poète (Revue des Études Italiennes, 1999-2000)

Jean-Paul LIPPI, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique, 420 p. 34 euros. Essai.

François LIVI, Italica. L’Italie littéraire de Dante à Eugenio Corti, 800 p. 2012. Essai.

Biagio MARIN (1891-1985), Dans le silence le plus tendu, trad. par Laïla Taha-Hussein. 100 p. 11euros. Poèmes.

Filipp Tommaso MARINETTI (1876-1944), Le Futurisme, 224 p. 14 euros. Essai.

F.T. MARINETTI, Les mots en liberté futuristes, préface Giovanni Lista. 110 p. 14 euros. Essai.

Colloque international F.T. Marinetti, 394 p. 28 euros.

Serge MILAN, L’antiphilosophie du futurisme. Propagande, idéologie et concepts dans les manifestes de l’avant-garde italienne. 368 p. 39 euros. Essai.

Christophe MILESCHI, Dino Campana. La mystique du chaos, 336 p. 25 euros. Essai.

Guido MORSELLI (1912-1973), Divertimento 1889, trad. par Ludmilla Thévenaz, 168 p. 13 euros. Roman.

Guido MORSELLI, Le passé à venir, trad. par Dominique Hauser. 277 p. 14 euros. Roman.

Giovanni PAPINI (1881-1956), Concerto fantastique, trad. par Gérard Genot, préface François Livi. 600 p. 28 euros. Nouvelles.

Giovanni PAPINI, Histoire du Christ, trad. par Gérard Genot, préface François Livi. 540 p. 25 euros.

Giovanni PAPINI, Un homme fini, trad. par Yseult Pelloso, préface François Livi. 300 p. 22 euros. Roman.

Luigi PIRANDELLO (1867-1936), Chacun a son idée, trad. de l’italien et notes Ginette Henry, introd. Alessandro d’Amico. 144 p. 10 euros. Théâtre.

Luigi PIRANDELLO, Les géants de la montagne, trad. par René Zahnd. 120 p. Théâtre.

Antonio PIZZUTO (1893-1976), Le triporteur, trad., notes et présentation Madeleine Santschi, postface Gianfranco Contini. Ed. bilingue. 256 p. 19 euros.

QUARANTOTTI-GAMBINI (1910-1961), Soleil et vent, trad. par Laïla Taha-Hussein, préface André Peyre de Mandiargues. 136 p. 13 euros. Poèmes.

QUARANTOTTI-GAMBINI, Une histoire d’amour, trad. par Laïla Taha-Hussein. 170 p. 13 euros.

Luigi RUSSOLO (1885-1947), L’art des bruits, trad. par Nina Sparta, préface Giovani Lista. 168 p. 19 euros. Musique.

Umberto SABA (1883-1957), Il canzoniere, trad. par Odette Kaan, Nathalie Castagné, Laïla et Moënis Taha-Hussein et René de Ceccatty. 624 p. 30 euros. Poèmes.

Umberto SABA, Trieste et autres poèmes, trad. et présentation Georges Haldas. 96 p. Poèmes.

Edoardo SANGUINETI, Postkarten, trad. par Vincent Barras. 144 p. 13 euros. Poèmes.

Jérôme SAVONAROLE (1452-1498), La fonction de la poésie, trad. et annoté Bruno Pinchard. 200 p. 19 euros. Poèmes.

Le théâtre de Dario Fo et Franca Rame. Poétique et dramaturgie, (Revue des Etudes italiennes, 2010).

Gerardo VACANA, Carnet grec et autres poésies, trad. par Constance Thompson-Pasquali, introd. Giovanni Cappello, éd. bilingue. 80 p. 14 euros. Poèmes.

Gerardo VACANA, Le cheval de mine, trad. par Constance Thompson-Pasquali. 112 p. 13 euros. Poèmes.

Gerardo VACANA, Les risques de la traversée, trad. par Constance Thompson-Pasquali, éd. bilingue. 104 p. 14 euros. Poèmes.

Vittorio Alfieri et la culture française (Revue des Études Italiennes, 2004)

mercredi 28 mars 2012

En attendant le mercredi 25 avril 2012...

Invitation au "mercredi de la rue Férou" Dossier H. Gustave Thibon
http://www.lagedhomme.com/site/medias/Invitation-Thibon.pdf







Nous fêterons le mercredi 25 avril 2012 (18-20h) la parution du Dossier H. Gustave Thibon, conçu et dirigé par Philippe Barthelet.
http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=9782825141427&type=67&code_lg=lg_fr&num=211


Un extrait du Dossier H. Gustave Thibon (p. 613-620)
QUESTIONNAIRE GUSTAVE THIBON

– Quel est, pour vous, le comble de la misère ?
– Ne plus aimer, ne plus être aimé.
– Où aimeriez-vous vivre ?
– Là où je suis. « C’est d’âme qu’il faut changer, pas de lieu », disait Sénèque.
– Votre idéal de bonheur terrestre ?
– Savoir tout accueillir sans rien retenir.
– Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?
– Celles commises par amour. Même si on se trompe sur le niveau et la qualité de cet amour. L’amour humain peut être sacré ou profané, il n’est jamais totalement profane.
– Quels sont les héros de roman que vous préférez ?
– Ceux de Dostoïevski dans Les Frères Karamazov.
– Quel est votre personnage historique favori ?
– Marc Aurèle. « Veux-tu mépriser une chose : résous-la en ses éléments », écrivait-
il. Le beau, c’est la totalité ; le mal émiette. Le diable se définit dans la mythologie orientale comme un « mangeur de morceaux ». La plus belle femme du monde coupée en morceaux perd beaucoup de sa beauté… Ce qui me blesse aujourd’hui dans notre
époque, c’est justement l’émiettement. « La multiplication des seuls » dont parle Valéry.
– Votre saint préféré ?
– Saint Jean de la Croix, Docteur de la nuit. Le plus extrémiste de tous les saints, avec qui Nietzsche se serait très bien entendu.
Je suis réaliste parce que je défends les « milieux de soutien » : je sais qu’un Dieu sans Église est le début d’une Église sans Dieu. Mais je suis extrémiste par mon attrait pour la théologie négative, la mystique de la nuit, le « Dieu sans fond ni appui » qui était celui de saint Jean de la Croix et qui est le mien aujourd’hui.
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– Votre sainte préférée ?
– Thérèse de Lisieux.
– Votre philosophe préféré ?
– Platon.
– Votre peintre favori ?
– Vermeer. Pour cette transparence où l’invisible paraît dans le visible.
– Votre musicien favori ?
– Le poète… C’est une infirmité effroyable mais la musique m’est étrangère ! Ma faculté musicale se concentre sur la musique des vers. J’ai besoin d’en réciter plusieurs centaines par jour.
– Quelles sont les dix personnes que vous aimeriez inviter à dîner ?
– Marc Aurèle, Thomas More, Henri IV, Pascal, Malesherbes, Napoléon, Victor Hugo, Simone Weil, Marie Noël, Gabriel Marcel.
– Le siècle où vous auriez aimé vivre ?
– Le XIIe. Le meilleur de tous les siècles, le plus libre. Siècle de l’unité de l’Europe, culturelle et spirituelle. J’aurais également apprécié le XVIIIe siècle pour la finesse de l’esprit. Un seul exemple : l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, recevant l’ambassadeur
de Turquie, lui confesse : « Ce que je n’apprécie pas dans votre pays, c’est la polygamie
». Réponse du diplomate : « Madame, plaignez-nous d’être obligés de chercher en plusieurs femmes les qualités qu’on trouve réunies chez Votre Majesté ».
– Votre qualité préférée chez l’homme ou la femme ?
– La bienveillance ou, à défaut, la politesse.
– Votre occupation préférée ?
– Marcher dans la nature. « O On ne peut penser qu’assis », écrivait Flaubert, à qui répondait Nietzsche : « Je te tiens là nihiliste ! Les grandes pensées ne viennent qu’en marchant ».
– Qui auriez-vous aimé être ?
– Moi-même… sans mes défauts.
– Votre principal défaut ?
– J’en ai tellement que je me sens incapable d’en privilégier aucun.
– Le principal trait de votre caractère ?
– La docilité. Je me suis toujours laissé faire – par les hommes, par les femmes, par les circonstances. Je préfère obéir que commander, me laisser conduire par la vie et par ses hasards qui sont le chemin que Dieu prend lorsqu’il veut passer incognito.
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– Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?
– La simplicité.
– Votre rêve de bonheur ?
– Le bonheur ne se rêve pas. Il est partout à condition de tout accueillir comme don de Dieu.
– Quel serait votre plus grand malheur ?
– Ne plus aimer, ne plus être aimé. Ce que j’ai de meilleur et de pire, c’est de l’amour humain qu’il me vient. J’ai aimé, j’ai été aimé, et peut-être ai-je spontanément cherché dans les promesses de l’amour humain ce que Dieu seul peut tenir. J’ai aimé de tout mon poids temporel et de tout mon élan vers l’éternel. Mon erreur, ou ma faute, ou mon péché est dans l’amour démesuré des êtres finis.
– Votre passage d’Évangile préféré ?
– « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri me touche de très près aujourd’hui. Sur la Croix, Dieu désespère de Lui-même et, si j’ose dire, meurt athée. Je crois, avec Chesterton, que « notre religion est la bonne car c’est la seule où Dieu un moment a été athée ». Je suis amoureux de ce Christ en agonie, l’Homme des douleurs, Dieu devenu
infiniment faible, Dieu abandonné de Dieu. Si j’avais été religieux, j’aurais choisi le nom de Frère X de Gethsémani.
Le passage de la femme adultère m’est également très cher. Dieu est à la fois l’exigence
infinie et l’indulgence infinie. Il nous pardonnera ce que nous n’osons pas nous pardonner à nous-mêmes. Cet apologue oriental me touche beaucoup : le diable dit à Dieu : « Ce qui m’étonne chez Toi, c’est que les hommes ne font que pécher et que tu leur pardonne sans cesse, alors que moi, je n’ai péché qu’une fois et Tu ne m’as jamais
pardonné ! » Et Dieu lui répond : « Mais toi, combien de fois m’as-tu demandé pardon ? » C’est aussi l’histoire de ce meurtrier qui, pris de remords, va se confier à un pasteur protestant. « J’ai tué », dit-il. Le pasteur s’indigne. Désorienté, l’assassin va se confesser à un prêtre. « Mon Père, j’ai tué. – Combien de fois, mon fils ? » répond l’homme de Dieu avec calme. Du coup, le pécheur se convertit.
J’aime les histoires de miséricorde. À mesure que l’on vieillit, on se sent plus indulgent
pour les autres. La liberté me semble si mesurée que je ne juge plus, j’ai pitié.
– Comment définiriez-vous l’enfer ?
– Comme Simone Weil : « Se croire au paradis par erreur. »
– Et la mort ?
– Comme Gabriel Marcel : « le dépaysement absolu ». Un saut vertigineux que je m’interdis d’imaginer : il ne faut pas enlever sa virginité, déflorer d’avance ce retour à la patrie – puisque notre vie est un exil.
Nous serons stupéfaits quand nous verrons les lignes courbes par lesquelles Dieu a écrit, et à quel point le mal et le bien s’enchevêtrent… Je crois à la solidarité du bien et du mal, de l’ivraie et du bon grain. Il y a parfois des vertus qui perdent et des péchés qui
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sauvent, non par eux-mêmes, mais par rebondissement. Vient un moment où il faut se repentir de sa vertu comme on se repend de son péché.
– Votre prière préférée ?
– Le Salve Regina : Marie, ou la miséricorde qui désarme la justice.
– Votre maxime préférée ?
– « Nous ne serons jamais contents de rien ici-bas, tant que nous ne serons pas content de n’être rien » (Shakespeare).
– La fleur que vous aimez ?
– Le lys.
– L’animal que vous préférez ?
– La vache. Pour sa docilité, son consentement inconscient à se laisser exploiter par l’homme et sa faculté de ruminer. Bernard-Henri Lévy m’a flatté en me définissant comme un « philosophe bovin ».
– Vos auteurs favoris en prose ?
– Bossuet, Chateaubriand, Balzac, Dostoïevski, Céline.
– Vos poètes préférés ?
– Villon, Racine, Victor Hugo, Verlaine, Marie Noël, Mistral, Dante, García Lorca et les romantiques allemands (Hölderlin, Novalis…).
– Votre vers préféré ?
– « Elle regardait en haut, et moi en elle » : Dante apercevant le reflet de Dieu dans le regard de Béatrice, déjà sauvée.
– Votre héros dans la vie réelle ?
– Bayard.
– Votre héroïne dans l’histoire ?
– Jeanne d’Arc.
– Ce que vous détestez par-dessus tout ?
– L’envie – ce vice mal avoué. Tout le monde est envieux, plus ou moins, mais personne ne l’avoue car c’est se reconnaître inférieur. On confesse plus volontiers les péchés par débordement : la gourmandise, la luxure. Exemple, ce Marseillais qui entre dans un confessionnal, traîné par sa femme : « Père, voilà vingt ans que je ne me suis pas confessé, j’en ai tellement fait… interrogez moi ! » Le prêtre, finalement, lui demande
: « Avez-vous trompé votre femme ? – Monsieur le curé, je suis venu ici pour m’accuser, pas pour me vanter ! »

– Le plus grand mal de notre époque ?
– Exiger du temps qu’il tienne les promesses de l’éternel. Simone Weil – la rencontre
de ma vie – a tout dit : « Dieu et l’homme sont comme deux amants qui se sont trompés sur le lieu du rendez-vous : l’homme attend Dieu dans le temps, et Dieu attend
l’homme dans l’éternité ».
– La vertu la plus nécessaire aujourd’hui ?
– La réaction contre le conformisme qui se cache sous le masque de la liberté. Nous assistons à un curieux renversement du respect humain. Exemple, le courrier du coeur d’une revue féminine : « Je suis fiancée, et je suis vierge ? Que dira mon mari ? » Réponse : « Votre mari comprendra… » Ce que Gabriel Marcel appelait « le conformisme
de l’aberrant ». Simone Weil disait : « Dieu t’a bénie de naître à une époque où l’on a tout perdu » – et où, par conséquent, on peut tout retrouver, plus personnellement, moins par pesanteur sociale.
Cette époque qui provoque les guerres les plus sanglantes au nom de la liberté constitue un scandale unique dans l’histoire. Étant donné le degré de moralité théorique
du XXe siècle, de telles horreurs ne devraient pas être possibles. Notre temps est, plus que tout autre, le temps du pharisaïsme et de l’hypocrisie : c’est le règne des vérités chrétiennes devenues folles dont parle Chesterton.
– Comment vous définiriez vous ?
– Un anarchiste conservateur. Conservateur par rapport à la tradition, anarchiste par rapport aux modes et aux idoles du siècle. La marginalité m’a permis d’échapper à la gloire et aux décorations.
– Votre devise ?
– Celle des Clermont-Tonnerre : « Si tous, moi pas. »
– Le fait militaire que vous admirez le plus ?
– La bataille de Lépante.
– Le don de la nature que vous estimez avoir ?
– L’admiration. Je me sens une capacité d’admiration infinie. Le compliment le plus juste que j’aie jamais reçu vient d’une jeune Américaine : « Vous n’avez peut-être pas de génie, mais vous avez le génie du génie ». Pour ne pas être gaga, il faut être baba !
– Le don de la nature dont on vous fait couramment crédit ?
– La mémoire. J’en ai une très grande des oeuvres d’autrui, mais presque aucune des miennes. Ce qui m’a fait applaudir à certains de mes aphorismes : « Magnifique, c’est au moins du Bossuet ! » disais-je. « Non Monsieur, c’est du Thibon ! » Pour nous remettre dans l’humilité, le Seigneur permet certaines rencontres. Comme cette dame qui m’accoste récemment : « M. Thibon, je vous dois tout – C’est beaucoup, Madame… – Si, si ! Il y a dix ans, je vous ai entendu : une de vos phrases a bouleversé ma vie ! »En fait, la brave dame avait compris exactement le contraire de ma pensée ! Nous ne sommes que des canaux, doués pour exprimer plus que pour vivre.
– Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
– L’oubli de moi-même et l’attention au prochain.
– Votre principal sujet d’admiration ?
– La faiblesse de Dieu. Voir à quel point Dieu est désarmé. Il a fait dépendre le plus haut du plus bas. Le supérieur dépend de l’inférieur, mais la réciproque n’est pas vraie : « la rose a besoin du fumier, mais le fumier se passe fort bien de la rose ». Dieu a besoin de l’homme mais l’homme se passe fort bien de Dieu. Il s’est rendu esclave des causes secondes.
– Votre mot d’amour préféré ?
– Ti voglio bene, « je t’aime » en italien, ce qui signifie : « Je te veux du bien ». « Aimer un être, disait Gabriel Marcel, c’est lui dire : Toi, tu ne mourras pas ». En amour, je serais un peu porté à la démesure : j’aime beaucoup le « je choisis tout » de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et ce mot d’un voisin paysan me parlant de la femme aimée : « Quand je la regarde, je ne la vois plus ».
L’amour humain, c’est la soif d’infini appliqué au fini. J’ai aimé les choses du temps d’un amour éternel, et c’est déchirant. Les grands moments de l’amour humain sont appel beaucoup plus que plénitude. C’est pourquoi je sais gré à l’amour de m’avoir sauvé du bonheur.
– Ce dont vous êtes le plus fier ?
– Certains de mes mots d’esprit. Une amie quinquagénaire que j’appelais « Beauté » me lance : « Beauté, c’est un mensonge ! » Je lui réponds : « Non, un anachronisme ! » Cela ne vaut certes pas les réparties de l’abbé Mugnier, confesseur des dames du monde
: « Je suis passé devant un miroir, lui dit l’une d’elles, et je me suis trouvée jolie. Est-ce un péché ? – Non, Madame, ce n’est qu’une erreur ».
– À quelle tentation aimez-vous céder ?
– Aujourd’hui, à celle du silence. Mais j’ai goûté celle de la gourmandise, de la paresse
et de ce sexe qu’on dit beau. Et j’apprécie l’exactitude de ce mot de Chesterton : « L’homme boitera toujours par le sexe, et pourtant il est au milieu ».
– Vos plats préférés ?
– Le caviar et la purée de pommes de terre.
– Votre définition de l’homme ?
– De l’éternité en devenir. Une âme immortelle dans un animal, cela donne quelques
excuses… Je me sens très péguyste :
« Que Dieu leur soit clément et que Dieu leur pardonne
Pour avoir trop aimé la terre périssable ;
C’est qu’ils en étaient faits,
Ô Dieu qui les avez pétris de cette terre
Ne vous étonnez pas qu’ils soient trouvés terreux… »
– Votre définition de l’homme marié ?
– Celui qui, dégrisé, tient ses serments d’ivrogne. Mon expérience m’a montré qu’on ne se marie pas seulement parce qu’on aime, mais pour aimer.
– Si vous pouviez faire un miracle ?
– Je ressusciterais Simone Weil, Marie Noël, Maurras en tant que poète, pour leur dire toute la reconnaissance que je n’ai su leur exprimer de leur vivant.
– État présent de votre esprit ?
– Celui d’une veilleuse éclairant des ruines. Cette veilleuse est ma conscience. Je me sens à la fois rejeté par le temps et indigne de l’éternité. Je n’ai pas la grâce de Simone Weil qui priait le ciel de mourir gâteuse. On vieillit bien tant qu’on ne vieillit pas.
– Votre foi ?
– Du désespoir surmonté. Une foi éprouvée, qui n’est plus une armure mais une blessure. Je parie Dieu. « Il faut aimer Dieu comme s’Il n’existait pas », soutenait Simone Weil. Je sens en moi ce combat entre le croyant en Dieu et le voyant de l’absence de Dieu. Mère Marie-Thérèse, une carmélite d’Avignon, disait : « Ce n’est pas la vertu que Dieu demande, c’est d’être trouvé pauvre ». Et pauvre même de nos certitudes et de nos vertus ! Dieu a d’abord été pour moi puissance et loi ; puis lumière et amour ; enfin absence
et nuit. C’est peut-être en cela qu’Il ressemble le plus à Lui-même. Il me devient chaque jour de moins en moins étranger et de plus en plus inconnu : je suis devenu un agnostique adorateur.
– Comment aimeriez-vous mourir ?
– Comme une olive qui tombe. Comme le dit Marc Aurèle : « … finir, avec sérénité, comme une olive qui, parvenue à maturité, tomberait en bénissant la terre qui l’a portée,
et l’arbre qui l’a nourrie ». Seulement nous ne sommes pas des olives : je mourrai comme une plante qu’on arrache. J’ai trop aimé la terre pour mourir sans déchirement. Mourir est à la fois naturel et inhumain. Toute une part de moi-même refuse de suivre la nature. Je me sens fatigué de la terre et attaché à sa beauté. J’ai peur du néant, et en même temps une telle lassitude de la relativité des choses d’ici-bas, du mélange de bien et de mal, que j’aspire à un monde non mélangé ; selon les moments j’incline vers le refus ou vers le désir. Il faut consentir à ce que les choses se détachent de nous puisque nous ne savons pas nous détacher d’elles…
– Votre épitaphe ?
– Adieu, à Dieu.

– Votre mot de la fin ?
– « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ». J’aime aussi le dernier mot de la dernière lettre que j’ai reçue de mon amie Marie Noël : « Je tombe de sommeil en Dieu ». Elle avait pourtant perdu le Dieu de son enfance et découvert une nuit sans étoiles. Au bout de ce « combat désespéré pour sauver Dieu », elle constatait que « Dieu n’est pas un lieu tranquille ».
Je fais mien son Credo de l’Office pour l’enfant mort :
« Ô vous par qui la vie est peine
Et mal, et mort, je crois très bas
À la bonté haute, inhumaine,
Terrible, qu’on ne comprend pas ».

Questions posées et propos recueillis par Luc Adrian, « Gustave Thibon à la question », Famille chrétienne n° 809 (15 juillet 1993)

mardi 20 mars 2012

En attendant le mercredi 28 mars 2012...




Les éditions L’Age d’Homme vous invitent
le mercredi 28 mars 2012 (17h-21h)
au 13ème anniversaire des bombardements
de la Serbie par l’OTAN (24 mars 1999)

Géopolitique. Histoire. Spiritualité. Littérature.

Programme

17h 10 A propos du film d’Angelina Jolie, Au pays du sang et du miel. Avec Alain Paucard et Théophane Le Méné
Voir http://www.causeur.fr/angelina-jolie-au-pays-des-bons-et-des-mechants,15987



17h 40 Présentation de Lettre à Xenie de saint Grégoire Palamas (nouveauté). Avec Marko Despot. Lectures : Zorica Terzic.

18h 10 Le Kosovo en 2012. Avec Komnen Becirovic, Arnaud Gouillon et Anne Yelen.

Pause

19h Présentation du Pays natal de Borisav Stankovic. Avec Vladimir Cejovic et Anne Renoue. Lectures : Nell Reymond.

19h 30 Hommage à Jacques Merlino, l’auteur des Vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire, à l’occasion de son nouveau livre Profession : reporter (L’Harmattan). Avec Jacques Merlino, Kosta Christitch et Maurice Pergnier.

20h Lancement du Dossier H consacré à Vladimir Dimitrijevic (28 mars 1934-28 juin 2011), dirigé par Lydwine Helly et Jacqueline de Roux. Avec Gérard Conio et Pierre Omcikous.


Pour tout renseignement, consulter le blog :
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LIBRAIRIE L’ÂGE D’HOMME
5, RUE FEROU - 75006 PARIS
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jeudi 1 mars 2012

Prochain rendez-vous pour les Amis de L'Age d'Homme : le Salon du Livre de Paris (16-19 mars 2012) à la Porte de Versailles

La lettre aux Amis de L'Age d'Homme de mars 2012 : http://www.lagedhomme.com/site/medias/Lettre_Mars.pdf


Salon du livre de Paris 16-19 mars 2012

Retrouvez les éditions L’Age d’Homme au Salon du Livre de Paris (16-19 mars 2012) au Stand des éditeurs suisses : dédicaces et événements.

Liste des auteurs et horaires des dédicaces :

- Pascal BACQUE, La légende d’Elias. T. 1. La colère de la terre, préface Bernard-Henri Lévy. DIMANCHE 18 MARS 13H-15H
- Philippe BARTHELET, Dossier H. Gustave Thibon. SAMEDI 17 MARS 15H-17H
- Gérard CONIO, co-directeur de la collection des « Classiques slaves ». VENDREDI 16 MARS 15H-17H ; DIMANCHE 18 MARS 15H-17H
- Alain CORBELLARI (dir.), Œuvres complètes de Charles-Albert Cingria, t. 1 et 2. Récits. DIMANCHE 18 MARS 12H-15H
- Joël DICKER, Les derniers jours de nos pères, Fallois/L’Age d’Homme. Prix du roman des écrivains genevois. VENDREDI 16 MARS 13H-15H ; SAMEDI 17 MARS 11H-13H.
- François FELIX, directeur de la collection philosophique de L’Age d’Homme « Etre et devenir » : 10 volumes parus. Nouveautés : Rudolph Carnap, Construction et réduction. Textes inédits sur le physicalisme (1922-1955), éd. Bernard Andrieu et François Félix, 2011 ; Karl Popper, Question de méthode en psychologie de la pensée, trad. de l’allemand par François Félix, introduction de Bernard Andrieu et François Félix, 2011 ; La réception croisée de Hegel en Allemagne et en France au XIXe siècle, dir. François Félix et Philippe Grosos, 2011. VENDREDI 16 MARS 13H-15H
- Gérard GENOT, co-directeur du « Domaine italien », traducteur de L’Ile Paradis d’Eugenio Corti. DIMANCHE 18 MARS 16H-19H
- Christopher GERARD, Vogelsang ou la mélancolie du vampire. SAMEDI 17 MARS 16H-18H
- Lydwine HELLY (dir), Notre Dimitri. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011). VENDREDI 16 MARS 15-17H ; DIMANCHE 18 MARS 11H-13H
- Gérard JOULIE préfacier et traducteur de Une brève histoire d’Angleterre de Gilbert K. Chesterton. VENDREDI 16 MARS 15H-17H ; SAMEDI 17 MARS 11H-13H
- Henry LE BAL, Naamah. Roman. SAMEDI 17 MARS 15H-17H ; DIMANCHE 18 MARS 11H-13H
- François LIVI, co-directeur du « Domaine italien », Italica. L’Italie littéraire de Dante à Eugenio Corti. DIMANCHE 18 MARS 17H-19H
- Davide LUGLIO (dir), Le théâtre de Dario Fo et Franca Rame. Poétique et dramaturgie, Revue des Etudes italiennes. DIMANCHE 18 MARS 16H-19H
- Matthieu MEGEVAND, Les deux aveugles de Jéricho, Prix de la Société littéraire de Genève 2011. SAMEDI 13H-15H.
- Notre Dimitri. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), portrait-hommage au fondateur de L’Age d’Homme (25 textes). Avec Gérard Conio, Lydwine Helly, Gérard Joulié, Béatrice Picon-Vallin, Jacqueline de Roux. VENDREDI 16 MARS 15H-18H ; DIMANCHE 18 MARS 11H-13H
- Béatrice PICON-VALLIN, directrice de la collection « Théâtre XXe siècle » VENDREDI 16 MARS 15H-17
- Jacqueline de ROUX, directrice de la collection « Dossier H ». VENDREDI 16 MARS 15H-17H

Evénements au stand de L’Age d’Homme :
- Présentation et lectures de Notre Dimitri (vendredi 16 mars – 15h-17h) avec Gérard Conio, Lydwine Helly, Gérard Joulié, Béatrice Picon-Vallin et Jacqueline de Roux
- Présentation de l’édition des Œuvres complètes de Cingria (dimanche 18 mars – 12h-15h) avec le Pr Alain Corbellari, Patrick Kéchichian (La Croix) et Thierry Clermont (Figaro Littéraire)
- Présentation du « Domaine italien » (dimanche 18 mars – 17h-19h) avec Pr Gérard Genot, Pr François Livi et Pr Davide Luglio.


Pour tout renseignement : lydwine.helly@free.fr 06 75 87 17 02

mercredi 15 février 2012

En attendant le mercredi 29 février 2012 : soirée consacrée à Henry LE BAL...





Les éditions L’Âge d’Homme vous invitent au prochain
« mercredi de la rue Férou »
le 29 février 2012 (18h-20h)
à la librairie L’Âge d’Homme
consacré à

HENRY LE BAL
A L’OCCASION DE LA PARUTION DE SON ROMAN
NAAMAH


18h-18h 30 : La légende de Naamah avec Henry Le Bal


18h 30-19h : Débats. Dédicaces


19h-19h 30 : Lectures d'extraits de Naamah et d'Insularis par Marco di Napoli et Henry Le Bal
19h 30-20h : Dédicaces. Verre de l'amitié




Naamah est comme une poupée russe : apparemment unique, cette œuvre est en fait multiple, par les formes littéraires choisies (journal de bord, roman, pièce de théâtre) et par l’épaisseur parfois mystérieuse des personnages. Le narrateur est Canaan, chasseur de safari, « nègre », vivant dans une île de l’Atlantique nord frappée par la tempête. Une pluie diluvienne s’abat. Canaan est fasciné par le destin de sa voisine Naamah, qui a posé dans sa jeunesse à Paris pour les peintres les plus célèbres et puis s’est retirée avec ses secrets dans l’île. Canaan tient le journal de bord de la tempête, de la marée noire qui s’échappe du pétrolier naufragé et envahit les îlots.
Et le lecteur ne sait plus s’il est en train de vivre une tempête qui envahit l’île et l’isole du continent ou le déluge… Naamah, n’est-ce pas le nom que la tradition a donné à la femme de Noé, et Canaan, n’est-ce pas celui de leur petit-fils ?


Henry Le Bal, Naamah, Lausanne, L’Age d’Homme, 2012. 466 p. 25 euros.
Parution en librairie le 9 février 2012.


Henry Le Bal est écrivain, romancier et dramaturge. En 1999, il a fondé avec sa femme Isabelle le Salon international du Livre insulaire qui a lieu chaque été à Ouessant. Passionné du monde des îles, Henry Le Bal en explore depuis des années les contours poétiques à travers ses recherches sur « l’île ultime » qui paraissent dans un certain nombre de revues.
Naamah est le nouveau roman de Henry Le Bal paru aux éditions l’Age d’Homme. Du même auteur chez le même éditeur : Le doigt de Dieu (2000), Le Janvier du Monde (2006) et La Porte (2008).

 Henry Le Bal sera présent au Salon du Livre de Paris lors d’une rencontre sur l’insularité, Stand Bretagne, vendredi 16 mars (19h) ; au Stand de L’Age d’Homme, samedi 17 mars (15-17h) et dimanche 18 mars (11-13h).


Pour tout renseignement, consulter le blog : http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/
Librairie L’Âge d’Homme 5 rue Férou - 75006 Paris 01 55 42 79 79 M° Saint-Sulpice
lydwine.helly@free.fr 06 75 87 17 02

lundi 30 janvier 2012

En attendant le mercredi 15 février 2012 : soirée philosophique...

Lire le bel article de Patrick Kéchichian dans la Croix sur les 2 volumes parus des Oeuvres complètes de Charles-Albert Cingria :






Les éditions L’Âge d’Homme vous invitent au prochain
« mercredi de la rue Férou »
le 15 février 2012 (18h-20h)
à la librairie L’Âge d’Homme

NOUS FETERONS LA COLLECTION PHILOSOPHIQUE DE L’AGE D’HOMME
« ETRE ET DEVENIR »
DIRIGEE PAR
FRANÇOIS FELIX ET PHILIPPE GROSOS

Présentation. Débat. Dédicaces

Invités : Pr Bernard Andrieu (université de Nancy), Pr François Félix (université de Lausanne), Pr Philippe Grosos (université de Poitiers)

Donner à la philosophie l’espace et l’audience qui lui reviennent, la reconnaître pour « le témoignage de l’esprit » n’est pas et n’a jamais été une tâche aisée, mais elle a toujours été menée avec enthousiasme pour ceux qui s’y sont consacrés. C’est là ce qui tout d’abord justifie cette collection fondée en septembre 2007.
La première difficulté à publier de la philosophie tient à la philosophie elle-même, à sa diversité comme à ses exigences. De ce point de vue, « être et devenir » ne sont pas seulement des concepts traditionnels et fondamentaux de la culture philosophique, ils décrivent tout aussi bien ce à quoi celle-ci ne cesse d’être confrontée. C’est pourquoi il lui faut.
Cette collection entend tenir compte de la philosophie dans sa tradition et dans ce qu’elle ne cesse de faire surgir. En conséquence, nous nous proposons de promouvoir les essais originaux et les études historiques, les traductions d’œuvres du patrimoine autant que les rééditions d’ouvrages ayant pu marquer leur époque. Et parce que penser en philosophe est une tâche exigeante, cette collection ne craint pas de publier des études sinon difficiles du moins soutenues, pour peu qu’elles aient un clair souci d’intelligibilité. Paradoxes et controverses n’ont pour nous rien d’effrayant : ils sont l’expression de la pensée philosophique.



Titres parus dans la collection « Être et devenir » :
Bernard Andrieu, Le monde corporel. De la constitution interactive de soi, 2010 ; Rudolph Carnap, Construction et réduction. Textes inédits sur le physicalisme (1922-1955), éd. Bernard Andrieu et François Félix, 2011 ; Philippe Grosos, L’existence musicale. Essai d’anthropologie phénoménologique, 2008 ; Philippe Grosos, Questions de système. Etudes sur la métaphysique de la présence à soi, 2008 ; L’ironie du réel, 2009 ; François Félix, Schopenhauer ou les passions du sujet, 2008 ; Henri Maldiney. Phénoménologie et sciences de l’homme, dir. François Félix et Philippe Grosos, 2010 ; Karl Popper, Question de méthode en psychologie de la pensée, trad. de l’allemand par François Félix, introduction de Bernard Andrieu et François Félix, 2011 ; La réception croisée de Hegel en Allemagne et en France au XIXe siècle, dir. François Félix et Philippe Grosos, 2011.

Pour tout renseignement, consulter le blog : http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/
Librairie L’Âge d’Homme 5 rue Férou - 75006 Paris 01 55 42 79 79 M° Saint-Sulpice
lydwine.helly@free.fr 06 75 87 17 02

La collection « Être et devenir » à L’Age d’Homme (10 volumes parus depuis 2008)

Bernard Andrieu, Le monde corporel. De la constitution interactive de soi, 2010. 252 pages. 19 euros.
Voici un ouvrage à la pointe de la recherche menée actuellement entre la phénoménologie, la neurologie et la neuro-psychiatrie sur la question de la corporéité et du cerveau. Connaisseur aussi bien de la tradition philosophique européenne que des différents courants de la Philosophy of Mind anglo-saxonne, Bernard Andrieu livre avec ces pages son ouvrage le plus abouti en même temps que le plus synthétique de l’ensemble de ses travaux.

Rudolph Carnap, Construction et réduction. Textes inédits sur le physicalisme (1922-1955), éd. Bernard Andrieu et François Félix, 2011. 236 p. 19 euros.
Les textes inédits traduits et présentés dans ce volume constituent un témoignage exceptionnel quant à l'évolution de la pensée de Carnap, l'un des fondateurs de la philosophie analytique. Des premières ébauches d'une construction logique du monde à l'analyse logique des propositions du langage, ils nous font en effet assister aux différents moments d'un programme philosophique inscrit dans le débat du physicalisme et de l'unité de la science. La réductibilité des termes de la psychologie puis de la biologie aux termes de la physique implique-t-elle la dérivabilité de leurs lois aux siennes ? Le monde, en somme, est-il entièrement explicable par le langage, et si oui, lequel ?

Philippe Grosos, L’existence musicale. Essai d’anthropologie phénoménologique, 2008. 131 p. 22 euros.
Parler et donc chanter, marcher et donc danser, être au monde et donc, dans la construction, l'habiter : chaque fois la musique est présente et c'est à elle que revient de rendre possibles de telles manifestations. C'est dès lors en les interrogeant, dans leurs possibilités comme dans leurs enjeux, que nous commencerons à comprendre ce que signifie pour l'homme l'existence musicale.

Philippe Grosos, Questions de système. Etudes sur la métaphysique de la présence à soi, 2008, 190 p. 17 euros.
Qu'une philosophie se nomme système n'est ni neutre ni insignifiant. Plus qu'une simple forme ou configuration extérieure à la chose même, ce concept engage en effet, comme le révèle son histoire, une ontologie. C'est pourquoi présenter sa pensée en termes de système est un acte philosophiquement essentiel pour décrire ce qu'on entend méditer. Et c'est là ce que cet ouvrage, reprenant le sens de ces questions en diverses études, d'auteurs comme de phénomènes, entend préciser.

Philippe Grosos, L’ironie du réel à la lumière du Romantisme allemand, 2009, 168 pages. 17 euros.
L’ironie n’a pas bonne presse. Elle est railleuse et persifleuse. Elle se moque et passe souvent pour la médiocre vengeance d’un esprit dépité. Et c’est pourquoi nous ne la croyons ni sérieuse ni sérieusement possible d’un véritable intérêt philosophique. Or tout cela, qui n’est pas sans fondement, suppose toutefois qu’on ne la comprenne que comme fait de langage ou de comportement. Mais qu’en est-il alors de ce qu’ordinairement nous nommons "ironie du sort" ? N’est-ce pas, dans l’épreuve du dessaisissement auquel on se trouve confronté un grand et paradoxal sérieux, possiblement tragique, qui surgit ? Et quel rapport dès lors une telle ironie peut-elle avoir avec sa forme langagière ? Les Romantiques allemands, de Schlegel à Solger, en passant par Jean-Paul ou Tieck, ont, bien plus qu’on ne le pense ordinairement, rencontré ces questions. Et leur méditation à ce sujet apparaît riche d’enseignements.

François Félix, Schopenhauer ou les passions du sujet, 2008, 426 p. 25 euros.
Tout, dans cette philosophie, dénonce l’illusion d’une subjectivité souveraine, autonome, assurée d’elle-même. De la naissance de la conscience et du monde pour elle jusqu’au renoncement éthique où se dénouent les liens de la présence à soi et au réel, Schopenhauer fait voir au contraire un sujet provenu, adonné, transi, et qui doit à cette passibilité radicale de pouvoir se démettre de lui-même pour cette informulable altération que dit si incomplètement le mot de « néant ».

Henri Maldiney. Phénoménologie et sciences de l’homme, dir. François Félix et Philippe Grosos, 2010, 264 pages. 24 euros.
En se confrontant à la réalité des œuvres d’art, à celle de la psychiatrie comme des malades, en s’intéressant à l’apport de la linguistique, mais aussi de l’ethnologie ou de la biologie, et d’autres disciplines encore, Henri Maldiney (né en 1912) a su, d’une façon aussi radicale que singulière, ne cesser de méditer ce qu’exister signifie. Le colloque qui s’est tenu à l’Université de Lausanne, en 2009, a souhaité questionner cette radicalité et cette singularité. En effet en multipliant les renvois à d’autres savoirs que ceux issus de la seule tradition philosophique, cette œuvre n’a pas seulement voulu comprendre l’existant que nous sommes ; elle a également interrogé la phénoménologie susceptible d’y mener. « Vers quelle phénoménologie de l’art ? », demandait-il naguère dans une de ses études. C’est pourquoi les diverses analyses ici présentées questionnent chacune à leur façon sa conception de la phénoménologie au regard de l’apport des sciences humaines. Trois textes de Henri Maldiney augmentent l’ensemble de ces onze études.

Karl Popper, Question de méthode en psychologie de la pensée, trad. de l’allemand par François Félix, introduction de Bernard Andrieu et François Félix, 2011, 116 p. 17 euros.
Dans ce texte, traduit ici pour la première fois en français, Karl Popper (1902-1994) réfute la thèse dite du physicalisme radical, consistant à réduire la psychologie à la physiologie du cerveau et à ramener les sciences – et en particulier la biologie, nécessaire à la connaissance des processus cérébraux –, à la physique. Contre les tentatives réductionnistes, Popper affirme la spécificité irréductible du fait psychique, qui doit déterminer la méthodologie de son étude, en même temps que la spécificité de la biologie, laquelle échappe pour une large part aux résultats tout quantitatifs de la physique, qu’il serait ainsi illusoire d’élever au rang d’idéal général de la connaissance, même scientifique.

La réception croisée de Hegel en Allemagne et en France au XIXe siècle, dir. François Félix et Philippe Grosos, 2011, 168 pages. 24 euros.
Outre que la façon comme les raisons de traduire ainsi que le choix des œuvres traduites sont toujours décisives pour ce qui est la réception d'un auteur, l'introduction des œuvres de Hegel en France, des années 1850 à 1870, s'est trouvée contemporaine d'une difficulté majeure, liée cette fois-ci au développement de l'hégélianisme en Allemagne. C'est ce croisement, dont les enjeux sont institutionnels et politiques autant que philosophiques, qui fait l'objet de ce recueil d'études. Textes de François Félix, Thomas Fiegle, Franck Fischbach, Jean-Louis Georget, Elisabeth Grimmer, Philipe Grosos et Jean-Marie Lardic.

samedi 7 janvier 2012

En attendant le Salon du Livre russe les 28 et 29 janvier 2012 (Kremlin-Bicêtre)


Les éditions L’Âge d’Homme
vous invitent à leur prochaine rencontre
dans le cadre des « Journées du Livre russe » et
de l’ouverture officielle de l’« Année de la langue et de la littérature russes en France » au Kremlin-Bicêtre









! MERCI DE NOTER LA MODIFICATION !
Hommage à Vladimir Dimitrijevic
le samedi 28 janvier 2012
13h à 14h 15
avec
Marc ANDRONIKOF, Gérard CONIO, Lydwine HELLY, Georges NIVAT




et le Père Nicolas OZOLINE

ESPACE MAIGNE (salle Mikhail Boulgakov), 18 BIS RUE DU 14 JUILLET – 94270 LE KREMIN-BICETRE (M° KREMLIN-BICETRE)






Vladimir Dimitrijevic, fondateur et directeur de L’Age d’Homme jusqu’à sa mort accidentelle le 28 juin 2011, a créé la plus importante collection de « Classiques slaves ». La collection du même nom est lancée en 1967 avec le Petersbourg d’Andrei Biely, traduit par Jacques Catteau et Georges Nivat. Les « Classiques slaves » comptent maintenant plus de 400 titres. Elle a été successivement dirigée par Jacques Catteau, Vladimir Dimtrijevic et Georges Nivat, et désormais par Gérard Conio et Georges Nivat.
Les éditions L’Age d’Homme témoignent de l’existence littéraire de « l’autre Europe », des auteurs-montagnes aux auteurs-collines, selon les mots de V. Dimitrijevic, car la littérature d’un pays ne se résume pas à ses géants, pas plus qu’un paysage ne se réduit à ses sommets.
La « Slavica » pour les essais, « Archipel slave » et la « Sophia », fondée et dirigée par Constantin Andronikof ( †1997) contribuent à enrichir notre vision du monde.
Les éditions L’Age d’Homme ont fêté en 2011 les 45 ans de la maison. Andonia Dimitrijevic, la fille de Vladimir Dimitrijevic, a pris la direction de L’Age d’Homme.




En 2012, la maison d’édition est heureuse de participer à l’ouverture officielle de l’ « Année de la langue et de la littérature russes en France » au Kremlin-Bicêtre.

Stand des éditions L’Age d’Homme au Salon du Livre russe les samedi 28 et dimanche 29 janvier 2012 (Kremlin-Bicêtre).









pour plus de renseignements, lire la Lettre aux Amis de L’Age d’Homme
janvier-février 2012
n° 10
suivre le lien : http://www.lagedhomme.com/site/medias/Amis_Janvier.pdf










Novembre 2011 : Création de L’Association des Amis de Vladimir Dimitrijevic et de L’Age d’Homme dont le but est d’aider au rayonnement et développement de la maison d’édition dans l’esprit de son fondateur.
La cotisation annuelle est de 20 euros. Elle donne droit cette année au livre Notre Dimitri. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011) et à une carte de membre (invitation aux événements, livres en avant-première, carte de réduction dans les librairies L’Age d’Homme…). Les inscriptions ont commencé le 26 novembre 2011.


Pour tout renseignement, consulter le blog :
Librairie L’Âge d’Homme
5 rue Férou - 75006 Paris
lydwine.helly@free.fr 06 75 87 17 02


A propos du roman de Joël DICKER, Les derniers jours de nos pères, Paris-Lausanne, Fallois/L'Age d'Homme, 2012.


Lire la lettre d'information :
http://www.lagedhomme.com/site/medias/Lettre_Dicker.pdf