mardi 19 juin 2012

En attendant le mercredi 27 juin 2012, à partir de 18h 30...


Les éditions L’Âge d’Homme vous invitent au prochain

« mercredi de la rue Férou »

le 27 juin 2012 (à partir de 18h 30)

à la librairie L’Âge d’Homme

(5 rue Férou – 75006 Paris – M° St-Sulpice)


PREMIER ANNIVERSAIRE DU DECES DE
VLADIMIR DIMITRIJEVIC
(28 avril 1934-28 juin 2011)

 
VENTE AUX ENCHERES DE LIVRES RARES
DES EDITIONS L’AGE D’HOMME
liste ci-dessous

Au printemps 2011, Vladimir Dimitrijevic projetait d’organiser une vente aux enchères de livres rares à la librairie de la rue Férou. Dans le dernier voyage qu’il faisait vers Paris, sa voiture était pleine de livres à présenter à cette occasion. Le 28 juin 2011, le fondateur et directeur des éditions L’Age d’Homme est décédé dans un accident de voiture.

Dimitri aimait les beaux tirages. Pendant un temps, L’Age d’Homme a fait imprimer de premiers tirages sur grand papier, sur des papiers recherchés, numérotés… Tout ce qui plaît au lecteur et/ou au bibliophile.

Plusieurs auteurs et amis de L’Age d’Homme sont des bibliophiles, l’un d’eux a commis un merveilleux texte, assez rare aujourd’hui : il s’agit de Jean-Baptiste Baronian, membre de l’Académie royale de Belgique, directeur de la collection « La Petite Belgique » ; le livre s’intitule La Bibliophilie. Une sanction.

Extraits :
« C’est, je pense, un des principaux moteurs de la bibliophilie, un des premiers stimuli du bibliophile : la passion qu’on éprouve pour un auteur, le profond, l’enthousiasmant plaisir qu’on ressent lorsqu’on se laisse guider par lui et qu’on va, progressivement, à la découverte globale d’une œuvre, d’un écrit à l’autre, d’un petit texte de circonstance à une longue interview, d’une simple esquisse à un ouvrage considérable. Il n’en fait pas davantage pour que naisse, très vite, le besoin de la réunir chez soi, de l’avoir, de la posséder, dans son intégralité. On rêve alors d’exemplaires sur beaux papiers de Japon ou de Chine, de reliures luxueuses et éclatantes, de dédicaces révélatrices, pleines d’énigmes ou d’allusions directes, de revues confidentielles où certains premiers textes auraient paru, de lettres furtives, de riches correspondances… » […]

« Le bibliophile, il est vrai, passe le plus souvent pour une bête curieuse – un individu plutôt bizarre, un tantinet mystérieux, ni tout à fait maniaque, ni tout à fait sage. […] D’autant que d’habitude, il ne parle pas non plus comme tout le monde. Dans sa bouche, le chagrin constitue une agréable variété de peau, la garde n’a jamais rien de militaire ni davantage de médical, l’envoi ne ressortit pas plus à la poste (fût-elle restante) qu’à la poésie (fût-elle allégorique). Et que dire des coiffes ou des plats qui ne sont, chez lui, ni des chapeaux ni des pièces de vaisselle ? Ou des suites qui ne sont ni des cortèges, ni des séries, ni des successions, ni des continuations, ni des résultats, ni des appartements dans des hôtels de luxe ?

Mais qu’on n’aille pas s’imaginer que le bibliophile jargonne sans discontinuer et qu’il se complaît volontiers dans le vocabulaire transitoire des équivoques. En réalité, il glane avec amour ses petits et choisit chacune de ses dévotions ».

Jean-Baptiste Baronian, La Bibliophilie. Une sanction, Lausanne, L’Age d’Homme, 2006, p. 9, 11, 12.



 Parmi les livres proposés lors de la vente aux enchères du mercredi 27 juin 2012 : Petersbourg d’Andréï Biély ; Dimitri le Passeur ; La vie est un ballon rond de Vladimir Dimitrijevic ; Les chants du nomade de Pierre Gripari ; Une histoire surannée quelque peu de Vladimir Volkoff…

Liste complète avec les estimations.
Le mercredi 27 juin, à 17h précises, une Pannychide sera célébrée à l’église de la Paroisse Orthodoxe Serbe (23 rue du Simplon 75018).


Pour tout renseignement, consulter le blog : http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/

LIBRAIRIE L’ÂGE D’HOMME 5, RUE FEROU - 75006 PARIS - Tél. : 01 55 42 79 79 - M° Saint-Sulpice ou Mabillon
lydwine.helly@free.fr – 06 75 87 17 02


Liste des livres en vente le mercredi 27 juin 2012, à partir de 18h 30.

Estimation en euros. Il ne sera ajouté aucun pourcentage au prix d’adjudication, c’est le privilège que nous offrons à nos lecteurs. Les enchères se feront dans la librairie de la rue Férou ou par ordre d’achat déposé avant le 27 juin 14h à la librairie.

 Exposition le samedi 23 juin de 14h à 18h à la librairie de la rue Férou, ou sur rendez-vous (Lydwine Helly 06 75 87 17 02).

Les livres présentés sont des éditions originales (EO), en majorité des tirages de tête ; la quasi-totalité ne sont pas coupés. Excellent état.


1. Isaac Babel (1894-1940), Cavalerie rouge suivi des Récits du cycle de Cavalerie rouge, des fragments du journal de 1920, des plans et esquisses, traduction, note et étude de Jacques Catteau, Lausanne, L’Age d’Homme, Classiques slaves, 1972. 238 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Couverture rempliée. Vingt exemplaires numérotés à la main de I à XX : XV/XXI. 25 euros.

Nouvelles publiées en 1926. Récit sur sa participation, comme correspondant de guerre, à la campagne de Pologne dans la Première Armée de cavalerie en 1920 pendant la pleine guerre civile.


2. Mikhaïl M. Bakhtine (1895-1975), Problèmes de la poétique de Dostoïevski, traduit du russe par Guy Verret, Lausanne, L’Age d’Homme, Slavica, 1970. 320 pages non coupées. In-8. Broché. Couverture rempliée. 20-25 euros.



3. Etienne Barilier, Le Banquet, Lausanne, L’Age d’Homme, Collection « Le Bruit du Temps », 1984. 112 pages non coupées. EO. In- 8. Couverture rempliée. Dix-sept exemplaires sur papier Arches à la cuve numérotés de I à XVII : VIII/XVII. 50-60 euros.



4. Etienne Barilier (né en 1947), Le chien Tristan, Lausanne, L’Age d’Homme, 1977. 304 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Couverture rempliée. Vingt-cinq exemplaires sur papier Johannot dont dix-sept de I à XVII et huit de A à H : XIV/XVII. 100 euros.



5. Michel Bernard (1934-2004), Brouage, Lausanne, L’Age d’Homme, « La Merveilleuse Collection », 1967. EO. In-12. 87 pages non coupées. Broché. Couverture rempliée. Outre l’édition courante de 1000 exemplaires, tous numérotés, il a été tiré dix-sept exemplaires sur papier Johannot à la cuve numérotés de I à XXV : 440/1000. 30 euros.



6. Andréï Biély (1880-1934), Petersbourg, traduit du russe par Jacques Catteau et Georges Nivat. Préface de Pierre Pascal. Postface de Georges Nivat, Lausanne, L'Age d'Homme, 1967. 371 pages non coupées. EO. In-8. Broché, non rogné. Couverture rempliée. Un des 50 exemplaires numérotés sur papier vergé à la cuve, seul tirage sur grand papier. De I à XL et de A à J destinés aux Amis de L’Age d’Homme : A/J. 100-150 euros.

Édition originale de la traduction française par Jacques Catteau et Georges Nivat de ce roman de l'écrivain russe Andréi Biély (1880-1934). Portrait-frontispice de l'auteur d'après un dessin de Vychéslavski. Le premier livre de la prestigieuse collection des Classiques slaves.



7. Karel Capek (1890-1938), Récits apocryphes, traduction de Marlyse Poulette, préface de Marcel Aymonin, Lausanne, L’Age d’Homme, collection « Classiques slaves », 1969, 207 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Couverture rempliée. n° XX. 30 euros.



8. Albert Caraco (1919-1971), Le désirable et le sublime. Phénoménologie de l’apocalypse, Boudry-Neuchâtel, éd. À la Baconnière, 1952. In-8 broché 397 pages. EO. Non coupée. Couverture rempliée. 50 euros.

Juif levantin, chassé d'Uruguay, qui, en Suisse, attendit patiemment la mort de son père pour enfin fuir le siècle. Sa patrie : la langue française, apprise dans sa haute expression du XVIIIe siècle, qu'il cultiva sa vie durant, en des phrases proustiennes, au fil de milliers et milliers de pages écrites. Moraliste, marxiste, réactionnaire, théoricien du racisme, homme des Lumières..., il était en résumé un libre-penseur, indifférent à toutes les conventions et préoccupé seulement d'exprimer sa vérité.

2 ex.



9. Albert Caraco (1919-1971), Post mortem, Lausanne, L’Age d’Homme, « La merveilleuse collection », 1968. 128 pages non coupées. EO. In-12. Broché sous couverture noire rempliée. EO. Papier Johannot. N°1952/2000. 80 euros.



10. Matéi Caragiale (1885-1936), Les seigneurs du Vieux-Castel précédé de Remember, traduit du roumain par Claude B. Levenson, Lausanne, L’Age d’Homme-La Cité, collection « Vent d’Ouest Vent d’Est », 1969. 184 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Dix sept exemplaires réservés aux Amis de L’Age d’Homme : XVII/XVII. 20 euros.

Littérature symboliste. Premier livre de la collection Vent d’Est Vent d’Ouest.



11. Gaston Cherpillod (né en 1925), Le collier de Schanz, Lausanne, L’Age d’Homme, collection « Euréka », 1975. 296 pages non rognées. EO. In-8. Broché. Outre l’édition courante, il a été tiré de cet ouvrage trente exemplaires en papier Johannot numérotés de I à XXX et signés par l’auteur : XI/XXX. 50-60 euros.



12. Charles-Albert Cingria, Correspondance générale, tome V, Lettres aux amis de Suisse, texte établi et annoté par Edmond Laufer, Lausanne, L’Age d’Homme, 1980. 227 pages non rognées. EO. In-4. Couverture rempliée. Vingt-cinq exemplaires sur papier velin Arches, filigrané, à la cuve, dont dix-sept numérotés de I à XVII, et huit exemplaires hors commerce numérotés de A à H ; vingt-cinq exemplaires sur papier velin Johannot pur fil blanc, filigrané, à la cuve, numérotés de I à XXV. Ces exemplaires sous couverture Torchon pur chiffon séché à l’air, sont numérotés à la main. A/H. 25 euros.

13. Charles-Albert Cingria, Correspondance générale, tome VI, Lettres aux amis de France, texte établi et annoté par Edmond Laufer, Lausanne, L’Age d'Homme, 1979. 345 pages non rognées. EO. In-4. Couverture rempliée. Soixante-trois exemplaires sur papier Johannot pur fil blanc, filigrané, à la cuve, dont cinquante et un numérotés de I à LI. Ces exemplaires sous couverture Torchon pur chiffon séché à l’air, sont numérotés à la main. /H. 25 euros.

Les 2 vol. sont présentés sous coffret.



14. François Debluë (né en 1950), Travail du temps. Poèmes 1978-1985, Lausanne, L’Age d’Homme, collection Le Rameau d’or, 1985. 104 pages non rognées. EO. In-4. Broché. Vingt exemplaires sur papier velin Arches filigrané à la forme, numérotés de I à XX : XV/XX. 70 euros.



15. Dimitri le Passeur, Lausanne, L’Age d’Homme, 1984. EO. Grand in-8, broché, 96 p., il a été imprimé de cet ouvrage 120 ex. sur papier velin Arches 160 g., à la forme, pur chiffon. Couverture papier à la main « Richard de Bas » qualité « Torchon bleu ». Portrait en frontispice. Hors commerce. 50 euros.

Ouvrage collectif d’hommage à Dimitri à l’occasion de ses 50 ans. Avec des textes de Joseph Czapski, Pierre Gripari, Georges Haldas, Henri Pollès, Vladimir Volkoff, Alexandre Zinoviev… Rarissime.

3 ex.



16. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), Personne déplacée, entretiens avec Jean-Louis Kuffer, Lausanne, Favre, 1986. EO. In-8. 219 pages. Broché. Couverture blanche illustrée à rabats. 20 euros.





17. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), La vie est un ballon rond, Paris, éditions de Fallois, 1998. 128 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Il a été tiré de cet ouvrage 25 ex. sur vélin pur chiffon des papeteries Lana, dont 20 numéros de 1 à 20 et cinq HC numérotés H.C.I à H.C.V, le tout constituant l’édition originale. Ex. n° 17. Illustration de couverture : Petar Omcikous. 40-50 euros.



18. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), Le Roman de Londres dans mes bagages, Paris, Mona Lisait, 1996. 16 pages. EO. In-16. Broché. Couverture rempliée. Il a été tiré de cet ouvrage 500 ex. dont 50 numérotés de 1 à 50 sur Velin réservés aux amis de l’Equipement de la Pensée. Ex. n° 17. 15 euros.

Rarissime. 2 ex.



19. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), La stratégie de l’aveuglement, Lausanne, L’Age d’Homme, 1992, 32 pages. EO. In-8. Broché. 15 euros.

2 ex.



20. Henry Dunant (1828-1910), Moi Henry Dunant, j’ai rêvé le monde. Mémoires imaginaires du fondateur de la Croix Rouge, texte établi et présenté par Bernard Gangnebin, Lausanne, Institut Henry Dunan/L’Age d’Homme, 1971. 68 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Couverture rempliée. Cinquante exemplaires sur papier Johannot de I à L. 20-30 euros.



21. Julien Dulinac, Précaire victoire avec des eaux fortes de Pietro Sarto, Lausanne, L’Age d’Homme, 1991. 68 pages non coupées. EO. In-4. Broché. Couverture rempliée. Trente exemplaires sur papier Velin Edition Rives 4/30 avec les signatures de Julien Dulinac et Pietro Sarto. 100-150 euros.

Dix eaux fortes signées et numérotées de Pietro Sarto 16 cm x 24 cm dans cahier séparé.



22. Claude Frochaux (né en 1935), Lausanne ou les sept paliers de la folie, Lausanne, L’Age d’Homme, Collection « Le Bruit du Temps », 1970. 88 pages non coupées. EO. In-12. Broché. Couverture rempliées. Dix-sept exemplaires sur papier Johannot de I à XVII : XI/XVII. 20 euros.



23. Pierre Gripari (1925-1990), Les chants du nomade, collection « Le Bruit du Temps », préface de l'auteur, Lausanne, L'Age d'Homme, 1982. 143 pages non coupées. EO. In-12 carré. broché. Couverture rempliée. Outre l’édition originale, il a été tiré 20 ex. numéroté sur papier Arches à la cuve (seul grand papier).

2 ex. : III/XX et IV/XX. 120 euros/



24. Pierre Gripari, L’enfer de poche. Poèmes libertins, Lausanne, L’Age d’Homme, Collection « Le Bruit du Temps », 1981. 116 pages non rognées. EO. In-12 carré. Broché. Couverture rempliée. Sur papier Arches à la cuve de I à XX : VII/X. 100 euros.



25. Georges Haldas (1917-2010), Le Livre et la vie, Association Suisse des Libraires de Langue française, 1997. In-8. 48 pages. 3 cahiers de 16 p. HC. 30-40 euros.



26. Roger-Louis Junot (né en 1923), Une ombre éblouissante, Lausanne, L’Age d’Homme, « La Merveilleuse Collection », 1968. 200 pages non coupées. EO. In-8. Broché sous couverture grise rempliée. N° 1701/1750. 20-30 euros.



27. Velimir Khlebnikov (1885-1922), Le pieu du futur, traduction et préface de Luda Schnitzer, Classiques slaves, 1970. 262 pages non coupées. EO. In-8. 262 pages. Couverture rempliée. Outre l’édition courante, il a été tiré sur papier Johannot, vingt-cinq exemplaires de luxe numérotés de I à XXV : XXIV/XXV. 80 euros.



28. Léonid Léonov (1899-1994), Fin d’un petit homme, traduit du russe par Jacques Gonneau, préface de Georges Nivat, Lausanne, L’Age d’Homme, collection Classiques slaves, 1973. 119 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Couverture rempliée. Outre l’édition courante il a été tiré 17 exemplaires marqués à la main de I à XVII : n° VI/XVII et paraphe de Vladimir Dimitrijevic à la plume. 70 euros.



29. Henri Maldiney (né en 1912), Le legs des choses dans l’œuvre de Francis Ponge, précédé d’un envoi à Henri Maldiney par Francis Ponge, Lausanne, L’Age d’Homme, Collection « Amers », 1974. 112 pages non coupées. EO. In-8. Couverture rempliée. Vingt exemplaires sur papier pur fil Marais numérotés à la main de I à XX : XX/XX. 100 euros.

Très rare.



30. Pierre Monnier, Ferdinand furieux, avec 313 lettres inédites de Louis-Ferdinand Céline, Lausanne, L’Age d’Homme, 1979. 272 pages non coupées. EO. In-8. Broché. Couverture illustrée d’une photo de Céline. Complet de la rare bande annonce. Vingt exemplaires sur papier Vergé luxe Conqueror de I à XX. 100-120 euros.

Ces 313 lettres ont été envoyées par Céline, depuis le Danemark à Pierre Monnier, en 1948-1950.



31. Notre Dimitri. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), Lausanne, L’Age d’Homme, 2011. 168 pages. In-16. Broché. Couverture rempliée. Portrait de Vladimir Dimitrijevic par Pierre Omcikous en couverture.

Les derniers exemplaires numérotés du livre d’hommages paru pour les 45 ans de L’Age d’Homme (novembre 2011). 20 euros.



32. Présent à Henri Maldiney, eau forte de Pierre Tal Coat, Lausanne, L’Age d’Homme, Collection « Amers », 1973. 252 pages non coupées. EO. In-8. Couverture rempliée. Papier Arches. 20 euros.



33. Henri Roorda (1870-1925), Œuvres complètes, Lausanne, L’Age d’Homme, 1969-1970, 2 vol. Gr.In-4. 318 pages et 420 pages non rognées. Broché. Couverture rempliée. Grand papier non coupé non rogné, un des 17 ex. sur vélin d'Arches numérotés de I à XVII : X/XVII. Contient I : Mon internationalisme sentimental ; A prendre ou à laisser ; Le pédagogue n'aime pas les enfants; Le débourrage des crânes est-il possible ? ; II : Le roseau pensotant ; Avant la grande réforme de l'an 2000 ; Le rire et les rieurs ; Théâtre ; Almanach Balthasar ; Mon suicide.... 200 euros.



34. Dominique de Roux (1935-1977), Ne traversez pas le Zambèze, Paris, La Proue éd. et Dominique de Roux, 1973. 164 pages non coupées. EO. In-8. Cinquante exemplaires sur papier Arches. 110-130 euros.

Rarissime.

L’Afrique noire est le dernier champ clos du Western impérialiste.



35. Samivel (1907-1992), La dame du Puits. Soixante fables modernes pour lecteurs définitivement adultes, Lausanne, ‎L’Age d’Homme, 1991. EO. In-8. 118 pages non coupées. Broché, couverture illustrée, illustrations hors texte en noir & blanc de l'Auteur. ‎Exemplaire de luxe n°1 signé de l’auteur sur papier vergé. 50 euros.



36. Vladimir Volkoff (1932-2005), Une histoire surannée quelque peu, Lausanne, L’Age d’Homme, 1982. 57 pages non coupées. EO. In-12 carré. Broché. Couverture rempliée. Outre l’édition originale il a été tiré vingt exemplaires sur papier Arches à la cuve numérotés de I à XX :

2ex. : V/XX et XIX/XX. 100-120 euros.



37. Stanislaw Ignacy Witkiewicz (1885-1939), L’Inassouvissement, ‎traduit et préfacé par Alain Van Crugten, Lausanne, L'Age d' Homme, Classiques, slaves, 1970. 524 pages non coupées. EO. In-8. Broché, couverture rempliée. Quarante exemplaires numérotés de I à XL : III/XL. 40-50 euros.

Witkiewicz/Witkacy, surnommé « le patron » par Dimitri. L’inassouvissement était un de ses livres préférés.



38. Alexandre Zinoviev (1922-2006), Les Hauteurs béantes, traduit du russe par Wladimir Berelowitch, Lausanne, L’Age d’Homme, 1977. 643 pages non coupées. EO. In-4. Couverture rempliée. Outre l’édition courante, il a été tiré 25 exemplaires sur papier Ingres vergé. n° XXIII/XXV. 70 euros.



Et en hommage au « Bateau ivre », poème pétroglyphe inauguré rue Férou le 14 juin 2012 :

RIMBAUD – Album, Paris, Gallimard, 1967. 320 pages. In-12. Relié plein cuir.

Sixième Album de la collection des Albums de « La Pléiade ». Iconographie réunie et commentée par Henri Matarasso et Pierre Petitfils. 438 illustrations. Reliure plein cuir d'éditeur, bien complet de sa jaquette, de son rhodoïd transparent et de son boîtier cartonné gris. Tranche supérieure de couleur. Intérieur d'une parfaite fraîcheur. Parfait état. Magnifique exemplaire. Index des illustrations et des noms cités.

Les Éditions Gallimard publient un album iconographique consacré à un écrivain différent, et l'offrent à leurs clients pour l'achat de trois volumes de la Pléiade. Réalisés avec le plus grand soin, ces albums à tirage limité ne seront jamais réimprimés. 250/300 euros.



Lots de volumes de la collection Nelson à 15 euros chacun.

dimanche 17 juin 2012

En attendant le mercredi 27 juin 2012...


Les éditions L’Âge d’Homme vous invitent au prochain « mercredi de la rue Férou » le 27 juin 2012 (à partir de 18h 30) à la librairie L’Âge d’Homme
(5 rue Férou – 75006 Paris – M° St-Sulpice)

PREMIER ANNIVERSAIRE DU DECES DE VLADIMIR DIMITRIJEVIC
(28 avril 1934-28 juin 2011)

Le mercredi 27 juin, à 17h précises, une Pannychide sera célébrée à l’église de la Paroisse Orthodoxe Serbe (23 rue du Simplon 75018 PARIS).
Nous nous retrouverons ensuite à la librairie L'Age d'Homme (5 rue Férou) pour une
VENTE AUX ENCHERES DE LIVRES RARES
DES EDITIONS L’AGE D’HOMME
à partir de 18h 30

Au printemps 2011, Vladimir Dimitrijevic projetait d’organiser une vente aux enchères de livres rares à la librairie de la rue Férou. Dans le dernier voyage qu’il faisait vers Paris, sa voiture était pleine de livres à présenter à cette occasion. Le 28 juin 2011, le fondateur et directeur des éditions L’Age d’Homme est décédé dans un accident de voiture.

Dimitri aimait les beaux tirages. Pendant un temps, L’Age d’Homme a fait imprimer de premiers tirages sur grand papier, sur des papiers recherchés, numérotés… Tout ce qui plaît au lecteur et/ou au bibliophile.

Plusieurs auteurs et amis de L’Age d’Homme sont des bibliophiles, l’un d’eux a commis un merveilleux texte, assez rare aujourd’hui : il s’agit de Jean-Baptiste Baronian, membre de l’Académie royale de Belgique, directeur de la collection « La Petite Belgique » ; le livre s’intitule La Bibliophilie. Une sanction.

Extraits :

« C’est, je pense, un des principaux moteurs de la bibliophilie, un des premiers stimuli du bibliophile : la passion qu’on éprouve pour un auteur, le profond, l’enthousiasmant plaisir qu’on ressent lorsqu’on se laisse guider par lui et qu’on va, progressivement, à la découverte globale d’une œuvre, d’un écrit à l’autre, d’un petit texte de circonstance à une longue interview, d’une simple esquisse à un ouvrage considérable. Il n’en fait pas davantage pour que naisse, très vite, le besoin de la réunir chez soi, de l’avoir, de la posséder, dans son intégralité. On rêve alors d’exemplaires sur beaux papiers de Japon ou de Chine, de reliures luxueuses et éclatantes, de dédicaces révélatrices, pleines d’énigmes ou d’allusions directes, de revues confidentielles où certains premiers textes auraient paru, de lettres furtives, de riches correspondances… » […]

« Le bibliophile, il est vrai, passe le plus souvent pour une bête curieuse – un individu plutôt bizarre, un tantinet mystérieux, ni tout à fait maniaque, ni tout à fait sage. […] D’autant que d’habitude, il ne parle pas non plus comme tout le monde. Dans sa bouche, le chagrin constitue une agréable variété de peau, la garde n’a jamais rien de militaire ni davantage de médical, l’envoi ne ressortit pas plus à la poste (fût-elle restante) qu’à la poésie (fût-elle allégorique). Et que dire des coiffes ou des plats qui ne sont, chez lui, ni des chapeaux ni des pièces de vaisselle ? Ou des suites qui ne sont ni des cortèges, ni des séries, ni des successions, ni des continuations, ni des résultats, ni des appartements dans des hôtels de luxe ?

Mais qu’on n’aille pas s’imaginer que le bibliophile jargonne sans discontinuer et qu’il se complaît volontiers dans le vocabulaire transitoire des équivoques. En réalité, il glane avec amour ses petits et choisit chacune de ses dévotions ».

Jean-Baptiste Baronian, La Bibliophilie. Une sanction, Lausanne, L’Age d’Homme, 2006, p. 9, 11, 12.


 Parmi les tirages de tête proposés lors de la vente aux enchères du mercredi 27 juin 2012 : Petersbourg d’Andréï Biély ; Dimitri le Passeur ; La vie est un ballon rond de Vladimir Dimitrijevic ; Les chants du nomade de Pierre Gripari ; Une histoire surannée quelque peu de Vladimir Volkoff ; Les Hauteurs béantes d'Alexandre Zinoviev…

Liste complète avec les estimations, à consulter le 19 juin.


Le mercredi 27 juin, à 17h précises, une Pannychide sera célébrée à l’église de la Paroisse Orthodoxe Serbe (23 rue du Simplon 75018 PARIS).





Pour tout renseignement, consulter le blog : http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/

LIBRAIRIE L’ÂGE D’HOMME 5, RUE FEROU - 75006 PARIS - Tél. : 01 55 42 79 79 - M° Saint-Sulpice ou Mabillon

lydwine.helly@free.fr – 06 75 87 17 02




jeudi 24 mai 2012

En attendant le "mercredi de la rue Férou" du 27 juin 2012...

Le mercredi 27 juin 2012, nous rendrons hommage à Vladimir Dimitrijevic, décédé accidentellement le 28 juin 2011.

Une pannychide sera célébrée à l'église du Simplon (23 rue du Simplon 75018) à 17heures précises.

Nous nous retrouverons ensuite à la librairie L'Age d'Homme (5 rue Férou 75006 PARIS)
pour
un "mercredi de la rue Férou" consacré à une vente aux enchères
de livres rares (bibliophilie) de L'Age d'Homme
à partir de 18h 30
Liste en cours

--> Venez chercher la lettre aux Amis de L'Age d'Homme de juin 2012 avec la Tribune libre du Pr Gérard Genot. Voir ci-dessous :

Tribune libre des Amis de L’Age d’Homme
Gérard Genot, professeur d’université, traducteur, romancier, poète. Dernière traduction parue : Antonio Fogazzaro, Malombra. Dernier roman paru : La Frontière.



ONAGRE ET OUISTITI



Le Diseur de Phébus a fait la connaissance des mots d’une manière quelque peu singulière, presque sans inter-médiaire, dans le dictionnaire – le Petit Larousse –, qu’il feuilletait inlassablement, c’était avec le Catalogue de la Manufacture son seul livre illustré, où par exemple en face de l’image d’une sorte d’âne on lisait ONAGRE, en face de ce qui ressemblait à une espèce de chat à longue queue touffue et rayée, OUISTITI (un singe, en fait), c’était déjà quelque chose, mais juste avant ou juste après, il y avait l’image d’un autre « onagre », c’était « une sorte de baliste » (on ira voir après), et, entourant l’ouistiti, le verbe OUÏR, « (N’est usité qu’à l’inf. prés., au participe passé ouï, e et aux temps composés.) Entendre … » et OUKASE, v. Ukase, on irait voir.

Comme à cette époque-là il n’allait pas à l’école, aucun instituteur n’était là pour lui dire qu’il n’aurait jamais l’occasion de voir un onagre d’aucune sorte, bourricot sauvage ou machine de guerre, ni d’en parler, et donc qu’il pouvait oublier ce mot, ou pour concéder en riant que s’il faisait le singe on pourrait bien le traiter d’ouistiti, ou pour couper court à oukase en disant que c’était un mot russe, pour dire un décret, est-ce que tu sais ce que c’est qu’un décret, il le savait, du bon – du mauvais – côté des impri-més périmés que lui donnait son père pour dessiner, il y avait parfois Décr. du .. juill. 19.., il avait posé la question et on lui avait expliqué.

Point d’instituteur, donc, mais sa mère, qui avait son Certificat d’Études, lui avait dit au contraire, onagre, je savais que c’était un âne sauvage, mais j’apprends comme toi que c’était aussi un nom de machine de guerre, je crois qu’une baliste était un engin pour lancer des pierres, on va regarder, et le futur Diseur de Phébus, de voir l’omnisciente reconnaître qu’elle pouvait encore appren-dre quelque chose, et en sa compagnie, en même temps que lui, avait senti sa poitrine se dilater, il avait pris une grande inspiration et dit impulsivement, sans savoir com-ment cela lui était venu, Maman, tu sais, quand je serai grand, je veux être instituteur, jusqu’alors il voulait devenir douanier à cheval, son père, apprenant la nouvelle, ap-prouva, bientôt on n’utilisera plus de chevaux, tu as rai-son, c’est ainsi que se décident les vocations, et que l’enfant devint, en son temps, instituteur, ou tout comme, puis, lorsqu’il n’eut rien de mieux à faire, Diseur de Phébus.

Voilà pourquoi il n’a jamais mis au rencart les onagres, les ouistitis ni les oukases, pourquoi il lui arrive d’ouïr au lieu d’entendre, pourquoi et comment il a appris à distin-guer les balistes (qui lançaient des pierres) des catapultes (qui lançaient plutôt des traits) et s’obstine à dire baliste quand tout le monde, je m’entends, dit catapulte pour dire la même chose, passons.

Le diseur de Phébus/Gérard Genot

mercredi 25 avril 2012

En attendant le prochain "mercredi de la rue Férou", le 23 mai 2012....

le nouveau roman d'Eugenio Corti

Les éditions L’Âge d’Homme vous invitent au prochain

« mercredi de la rue Férou »



le 23 mai 2012 (18h-20h)

à la librairie L’Âge d’Homme

(5 rue Férou – 75006 Paris – M° St-Sulpice)


NOUS FÊTERONS LES NOUVEAUTES DU  « DOMAINE ITALIEN »
A L’AGE D’HOMME
avec

François LIVI  -  Gérard GENOT - Davide LUGLIO







Eugenio Corti, L’île Paradis ; François Livi, Italica. L’Italie littéraire de Dante à Eugenio Corti ; Antonio Fogazzaro, Malombra ; Gérard Genot, Courtes vertus ; les derniers numéros de la Revue des Etudes italiennes (Le théâtre de Dario Fo et Franca Rame. Poétique et dramaturgie).

Réédition du Cheval rouge d’Eugenio Corti.


Pour tout renseignement, consulter le blog :

http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/

LIBRAIRIE L’ÂGE D’HOMME 5, RUE FEROU - 75006 PARIS

Tél. : 01 55 42 79 79 - M° Saint-Sulpice ou Mabillon

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Le Domaine italien à L’Age d’Homme dirigé par François Livi







Umberto BOCCIONI (1882-1916), Dynamisme plastique, préface Giovanni Lista. 160 p. 19 euros. Essai.

Gesualdo BUFALINO (1920-1996), Argos l’aveugle ou les songes de la mémoire, trad. par Ludmila Thévenaz, 168 p. 13 euros. Roman.

Gesualdo BUFALINO, Le semeur de peste, trad. par Ludmila Thévenaz, 164 p. 14 euros. Récit.

Dino CAMPANA (1885-1932), Chants orphiques, trad. et présentation par Christophe Mileschi. Edition bilingue. 183 p. 22 euros.

Charles-Albert CINGRIA (1883-1954), Pétrarque. 140 p. 8 euros. Biographie.

Eugenio CORTI (né en 1921), Caton l’Ancien, trad. par Gérard Genot, 391 p. 22 euros. Roman.

Eugenio CORTI, La plupart ne reviendront pas, trad. par François Livi. 256 p. 22 euros. Récit.

Eugenio CORTI, La responsabilité de la culture occidentale dans les grands massacres du XXe siècle, traduit par Hélène Mayor. 32 p. 6 euros. Essai.

Eugenio CORTI, La terre des Guaranis, trad. par Andrea Vannicelli avec la collab. de Jean-Marie Debois. 420 p. 25 euros. Roman.

Eugenio CORTI, Le cheval rouge, trad. par Françoise Lantieri, préface et présentation François Livi. 982 p. 34 euros. Roman. Nouvelle édition.

Eugenio CORTI, Les derniers soldats du roi, trad. par Gérard Genot et François Livi. 345 p. 19 euros. Récit.

Eugenio CORTI, L’île du Paradis, trad. par Gérard Genot, 242 p. 2012. 25 euros. Roman.

Eugenio CORTI, Paroles d’un romancier chrétien. Entretiens avec Paola Scaglione, trad. par François Livi. 192 p. 20 euros.

Eugenio CORTI, Procès et mort de Staline, trad. par Isabelle Colin. 144 p. 9 euros. Théâtre.

Eugenio CORTI, Science et foi, trad. par Slobodan Despot, 32 p. 6 euros. Essai.

Dossier H Julius Evola. 312 p. 39 euros. Document. Essai.

Julius EVOLA (1898-1974), Métaphysique du sexe, trad. de l’italien et préface Philippe Baillet. 372 p. 25 euros. Essai.

Julius EVOLA, Révolte contre le monde moderne, trad. de l’italien Philippe Baillet. 457 p. 25 euros. Essai.

Antonio FOGAZZARO, Malombra, traduit de l’italien Gérard Genot, postface François Livi, 2012. roman

Ugo FOSCOLO (1778-1827), De l’origine et des devoirs de la littérature, suivi de Les Tombeaux et Les Sonnets, trad., introduction et notes Gérard Genot, 121 p., 17 euros. Essai. Poèmes.

Anna FRABETTI, Le magicien italien. Luigi Pirandello et le théâtre français. 312 p. 35 euros. Essai.

Giambattista Vico et ses interprétations en France (Revue des Études Italiennes, 2005).

Giuseppe Ungaretti. Culture et poésie (Revue des Études Italiennes, 2003).

Giuseppe Ungaretti. Langue, poésie, traduction (Revue des Études Italiennes, 2008)

Carlo GOLDONI (1707-1793), La servante brillantissime, adaptation Monique Lachère. 128 p. 10 euros. Théâtre.

Carlo Goldoni et la France. Un dialogue dramaturgique de la modernité (Revue des Études Italiennes, 2007)

Italies (1880-1910) (Revue des Études Italiennes, 2001)

Itinerari europei di Marino Moretti (1885-1979) (Revue des Études Italiennes, 2002)

Tomaso LANDOLFI (1908-1979), La nuit doit tomber, trad. par Etienne Barillier, 148 p. 13 euros. Nouvelles.

Leopardi philosophe et poète (Revue des Études Italiennes, 1999-2000)

Jean-Paul LIPPI, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique, 420 p. 34 euros. Essai.

François LIVI, Italica. L’Italie littéraire de Dante à Eugenio Corti, 800 p. 2012. Essai.

Biagio MARIN (1891-1985), Dans le silence le plus tendu, trad. par Laïla Taha-Hussein. 100 p. 11euros. Poèmes.

Filipp Tommaso MARINETTI (1876-1944), Le Futurisme, 224 p. 14 euros. Essai.

F.T. MARINETTI, Les mots en liberté futuristes, préface Giovanni Lista. 110 p. 14 euros. Essai.

Colloque international F.T. Marinetti, 394 p. 28 euros.

Serge MILAN, L’antiphilosophie du futurisme. Propagande, idéologie et concepts dans les manifestes de l’avant-garde italienne. 368 p. 39 euros. Essai.

Christophe MILESCHI, Dino Campana. La mystique du chaos, 336 p. 25 euros. Essai.

Guido MORSELLI (1912-1973), Divertimento 1889, trad. par Ludmilla Thévenaz, 168 p. 13 euros. Roman.

Guido MORSELLI, Le passé à venir, trad. par Dominique Hauser. 277 p. 14 euros. Roman.

Giovanni PAPINI (1881-1956), Concerto fantastique, trad. par Gérard Genot, préface François Livi. 600 p. 28 euros. Nouvelles.

Giovanni PAPINI, Histoire du Christ, trad. par Gérard Genot, préface François Livi. 540 p. 25 euros.

Giovanni PAPINI, Un homme fini, trad. par Yseult Pelloso, préface François Livi. 300 p. 22 euros. Roman.

Luigi PIRANDELLO (1867-1936), Chacun a son idée, trad. de l’italien et notes Ginette Henry, introd. Alessandro d’Amico. 144 p. 10 euros. Théâtre.

Luigi PIRANDELLO, Les géants de la montagne, trad. par René Zahnd. 120 p. Théâtre.

Antonio PIZZUTO (1893-1976), Le triporteur, trad., notes et présentation Madeleine Santschi, postface Gianfranco Contini. Ed. bilingue. 256 p. 19 euros.

QUARANTOTTI-GAMBINI (1910-1961), Soleil et vent, trad. par Laïla Taha-Hussein, préface André Peyre de Mandiargues. 136 p. 13 euros. Poèmes.

QUARANTOTTI-GAMBINI, Une histoire d’amour, trad. par Laïla Taha-Hussein. 170 p. 13 euros.

Luigi RUSSOLO (1885-1947), L’art des bruits, trad. par Nina Sparta, préface Giovani Lista. 168 p. 19 euros. Musique.

Umberto SABA (1883-1957), Il canzoniere, trad. par Odette Kaan, Nathalie Castagné, Laïla et Moënis Taha-Hussein et René de Ceccatty. 624 p. 30 euros. Poèmes.

Umberto SABA, Trieste et autres poèmes, trad. et présentation Georges Haldas. 96 p. Poèmes.

Edoardo SANGUINETI, Postkarten, trad. par Vincent Barras. 144 p. 13 euros. Poèmes.

Jérôme SAVONAROLE (1452-1498), La fonction de la poésie, trad. et annoté Bruno Pinchard. 200 p. 19 euros. Poèmes.

Le théâtre de Dario Fo et Franca Rame. Poétique et dramaturgie, (Revue des Etudes italiennes, 2010).

Gerardo VACANA, Carnet grec et autres poésies, trad. par Constance Thompson-Pasquali, introd. Giovanni Cappello, éd. bilingue. 80 p. 14 euros. Poèmes.

Gerardo VACANA, Le cheval de mine, trad. par Constance Thompson-Pasquali. 112 p. 13 euros. Poèmes.

Gerardo VACANA, Les risques de la traversée, trad. par Constance Thompson-Pasquali, éd. bilingue. 104 p. 14 euros. Poèmes.

Vittorio Alfieri et la culture française (Revue des Études Italiennes, 2004)

mercredi 28 mars 2012

En attendant le mercredi 25 avril 2012...

Invitation au "mercredi de la rue Férou" Dossier H. Gustave Thibon
http://www.lagedhomme.com/site/medias/Invitation-Thibon.pdf







Nous fêterons le mercredi 25 avril 2012 (18-20h) la parution du Dossier H. Gustave Thibon, conçu et dirigé par Philippe Barthelet.
http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=9782825141427&type=67&code_lg=lg_fr&num=211


Un extrait du Dossier H. Gustave Thibon (p. 613-620)
QUESTIONNAIRE GUSTAVE THIBON

– Quel est, pour vous, le comble de la misère ?
– Ne plus aimer, ne plus être aimé.
– Où aimeriez-vous vivre ?
– Là où je suis. « C’est d’âme qu’il faut changer, pas de lieu », disait Sénèque.
– Votre idéal de bonheur terrestre ?
– Savoir tout accueillir sans rien retenir.
– Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?
– Celles commises par amour. Même si on se trompe sur le niveau et la qualité de cet amour. L’amour humain peut être sacré ou profané, il n’est jamais totalement profane.
– Quels sont les héros de roman que vous préférez ?
– Ceux de Dostoïevski dans Les Frères Karamazov.
– Quel est votre personnage historique favori ?
– Marc Aurèle. « Veux-tu mépriser une chose : résous-la en ses éléments », écrivait-
il. Le beau, c’est la totalité ; le mal émiette. Le diable se définit dans la mythologie orientale comme un « mangeur de morceaux ». La plus belle femme du monde coupée en morceaux perd beaucoup de sa beauté… Ce qui me blesse aujourd’hui dans notre
époque, c’est justement l’émiettement. « La multiplication des seuls » dont parle Valéry.
– Votre saint préféré ?
– Saint Jean de la Croix, Docteur de la nuit. Le plus extrémiste de tous les saints, avec qui Nietzsche se serait très bien entendu.
Je suis réaliste parce que je défends les « milieux de soutien » : je sais qu’un Dieu sans Église est le début d’une Église sans Dieu. Mais je suis extrémiste par mon attrait pour la théologie négative, la mystique de la nuit, le « Dieu sans fond ni appui » qui était celui de saint Jean de la Croix et qui est le mien aujourd’hui.
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– Votre sainte préférée ?
– Thérèse de Lisieux.
– Votre philosophe préféré ?
– Platon.
– Votre peintre favori ?
– Vermeer. Pour cette transparence où l’invisible paraît dans le visible.
– Votre musicien favori ?
– Le poète… C’est une infirmité effroyable mais la musique m’est étrangère ! Ma faculté musicale se concentre sur la musique des vers. J’ai besoin d’en réciter plusieurs centaines par jour.
– Quelles sont les dix personnes que vous aimeriez inviter à dîner ?
– Marc Aurèle, Thomas More, Henri IV, Pascal, Malesherbes, Napoléon, Victor Hugo, Simone Weil, Marie Noël, Gabriel Marcel.
– Le siècle où vous auriez aimé vivre ?
– Le XIIe. Le meilleur de tous les siècles, le plus libre. Siècle de l’unité de l’Europe, culturelle et spirituelle. J’aurais également apprécié le XVIIIe siècle pour la finesse de l’esprit. Un seul exemple : l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, recevant l’ambassadeur
de Turquie, lui confesse : « Ce que je n’apprécie pas dans votre pays, c’est la polygamie
». Réponse du diplomate : « Madame, plaignez-nous d’être obligés de chercher en plusieurs femmes les qualités qu’on trouve réunies chez Votre Majesté ».
– Votre qualité préférée chez l’homme ou la femme ?
– La bienveillance ou, à défaut, la politesse.
– Votre occupation préférée ?
– Marcher dans la nature. « O On ne peut penser qu’assis », écrivait Flaubert, à qui répondait Nietzsche : « Je te tiens là nihiliste ! Les grandes pensées ne viennent qu’en marchant ».
– Qui auriez-vous aimé être ?
– Moi-même… sans mes défauts.
– Votre principal défaut ?
– J’en ai tellement que je me sens incapable d’en privilégier aucun.
– Le principal trait de votre caractère ?
– La docilité. Je me suis toujours laissé faire – par les hommes, par les femmes, par les circonstances. Je préfère obéir que commander, me laisser conduire par la vie et par ses hasards qui sont le chemin que Dieu prend lorsqu’il veut passer incognito.
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– Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?
– La simplicité.
– Votre rêve de bonheur ?
– Le bonheur ne se rêve pas. Il est partout à condition de tout accueillir comme don de Dieu.
– Quel serait votre plus grand malheur ?
– Ne plus aimer, ne plus être aimé. Ce que j’ai de meilleur et de pire, c’est de l’amour humain qu’il me vient. J’ai aimé, j’ai été aimé, et peut-être ai-je spontanément cherché dans les promesses de l’amour humain ce que Dieu seul peut tenir. J’ai aimé de tout mon poids temporel et de tout mon élan vers l’éternel. Mon erreur, ou ma faute, ou mon péché est dans l’amour démesuré des êtres finis.
– Votre passage d’Évangile préféré ?
– « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri me touche de très près aujourd’hui. Sur la Croix, Dieu désespère de Lui-même et, si j’ose dire, meurt athée. Je crois, avec Chesterton, que « notre religion est la bonne car c’est la seule où Dieu un moment a été athée ». Je suis amoureux de ce Christ en agonie, l’Homme des douleurs, Dieu devenu
infiniment faible, Dieu abandonné de Dieu. Si j’avais été religieux, j’aurais choisi le nom de Frère X de Gethsémani.
Le passage de la femme adultère m’est également très cher. Dieu est à la fois l’exigence
infinie et l’indulgence infinie. Il nous pardonnera ce que nous n’osons pas nous pardonner à nous-mêmes. Cet apologue oriental me touche beaucoup : le diable dit à Dieu : « Ce qui m’étonne chez Toi, c’est que les hommes ne font que pécher et que tu leur pardonne sans cesse, alors que moi, je n’ai péché qu’une fois et Tu ne m’as jamais
pardonné ! » Et Dieu lui répond : « Mais toi, combien de fois m’as-tu demandé pardon ? » C’est aussi l’histoire de ce meurtrier qui, pris de remords, va se confier à un pasteur protestant. « J’ai tué », dit-il. Le pasteur s’indigne. Désorienté, l’assassin va se confesser à un prêtre. « Mon Père, j’ai tué. – Combien de fois, mon fils ? » répond l’homme de Dieu avec calme. Du coup, le pécheur se convertit.
J’aime les histoires de miséricorde. À mesure que l’on vieillit, on se sent plus indulgent
pour les autres. La liberté me semble si mesurée que je ne juge plus, j’ai pitié.
– Comment définiriez-vous l’enfer ?
– Comme Simone Weil : « Se croire au paradis par erreur. »
– Et la mort ?
– Comme Gabriel Marcel : « le dépaysement absolu ». Un saut vertigineux que je m’interdis d’imaginer : il ne faut pas enlever sa virginité, déflorer d’avance ce retour à la patrie – puisque notre vie est un exil.
Nous serons stupéfaits quand nous verrons les lignes courbes par lesquelles Dieu a écrit, et à quel point le mal et le bien s’enchevêtrent… Je crois à la solidarité du bien et du mal, de l’ivraie et du bon grain. Il y a parfois des vertus qui perdent et des péchés qui
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sauvent, non par eux-mêmes, mais par rebondissement. Vient un moment où il faut se repentir de sa vertu comme on se repend de son péché.
– Votre prière préférée ?
– Le Salve Regina : Marie, ou la miséricorde qui désarme la justice.
– Votre maxime préférée ?
– « Nous ne serons jamais contents de rien ici-bas, tant que nous ne serons pas content de n’être rien » (Shakespeare).
– La fleur que vous aimez ?
– Le lys.
– L’animal que vous préférez ?
– La vache. Pour sa docilité, son consentement inconscient à se laisser exploiter par l’homme et sa faculté de ruminer. Bernard-Henri Lévy m’a flatté en me définissant comme un « philosophe bovin ».
– Vos auteurs favoris en prose ?
– Bossuet, Chateaubriand, Balzac, Dostoïevski, Céline.
– Vos poètes préférés ?
– Villon, Racine, Victor Hugo, Verlaine, Marie Noël, Mistral, Dante, García Lorca et les romantiques allemands (Hölderlin, Novalis…).
– Votre vers préféré ?
– « Elle regardait en haut, et moi en elle » : Dante apercevant le reflet de Dieu dans le regard de Béatrice, déjà sauvée.
– Votre héros dans la vie réelle ?
– Bayard.
– Votre héroïne dans l’histoire ?
– Jeanne d’Arc.
– Ce que vous détestez par-dessus tout ?
– L’envie – ce vice mal avoué. Tout le monde est envieux, plus ou moins, mais personne ne l’avoue car c’est se reconnaître inférieur. On confesse plus volontiers les péchés par débordement : la gourmandise, la luxure. Exemple, ce Marseillais qui entre dans un confessionnal, traîné par sa femme : « Père, voilà vingt ans que je ne me suis pas confessé, j’en ai tellement fait… interrogez moi ! » Le prêtre, finalement, lui demande
: « Avez-vous trompé votre femme ? – Monsieur le curé, je suis venu ici pour m’accuser, pas pour me vanter ! »

– Le plus grand mal de notre époque ?
– Exiger du temps qu’il tienne les promesses de l’éternel. Simone Weil – la rencontre
de ma vie – a tout dit : « Dieu et l’homme sont comme deux amants qui se sont trompés sur le lieu du rendez-vous : l’homme attend Dieu dans le temps, et Dieu attend
l’homme dans l’éternité ».
– La vertu la plus nécessaire aujourd’hui ?
– La réaction contre le conformisme qui se cache sous le masque de la liberté. Nous assistons à un curieux renversement du respect humain. Exemple, le courrier du coeur d’une revue féminine : « Je suis fiancée, et je suis vierge ? Que dira mon mari ? » Réponse : « Votre mari comprendra… » Ce que Gabriel Marcel appelait « le conformisme
de l’aberrant ». Simone Weil disait : « Dieu t’a bénie de naître à une époque où l’on a tout perdu » – et où, par conséquent, on peut tout retrouver, plus personnellement, moins par pesanteur sociale.
Cette époque qui provoque les guerres les plus sanglantes au nom de la liberté constitue un scandale unique dans l’histoire. Étant donné le degré de moralité théorique
du XXe siècle, de telles horreurs ne devraient pas être possibles. Notre temps est, plus que tout autre, le temps du pharisaïsme et de l’hypocrisie : c’est le règne des vérités chrétiennes devenues folles dont parle Chesterton.
– Comment vous définiriez vous ?
– Un anarchiste conservateur. Conservateur par rapport à la tradition, anarchiste par rapport aux modes et aux idoles du siècle. La marginalité m’a permis d’échapper à la gloire et aux décorations.
– Votre devise ?
– Celle des Clermont-Tonnerre : « Si tous, moi pas. »
– Le fait militaire que vous admirez le plus ?
– La bataille de Lépante.
– Le don de la nature que vous estimez avoir ?
– L’admiration. Je me sens une capacité d’admiration infinie. Le compliment le plus juste que j’aie jamais reçu vient d’une jeune Américaine : « Vous n’avez peut-être pas de génie, mais vous avez le génie du génie ». Pour ne pas être gaga, il faut être baba !
– Le don de la nature dont on vous fait couramment crédit ?
– La mémoire. J’en ai une très grande des oeuvres d’autrui, mais presque aucune des miennes. Ce qui m’a fait applaudir à certains de mes aphorismes : « Magnifique, c’est au moins du Bossuet ! » disais-je. « Non Monsieur, c’est du Thibon ! » Pour nous remettre dans l’humilité, le Seigneur permet certaines rencontres. Comme cette dame qui m’accoste récemment : « M. Thibon, je vous dois tout – C’est beaucoup, Madame… – Si, si ! Il y a dix ans, je vous ai entendu : une de vos phrases a bouleversé ma vie ! »En fait, la brave dame avait compris exactement le contraire de ma pensée ! Nous ne sommes que des canaux, doués pour exprimer plus que pour vivre.
– Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
– L’oubli de moi-même et l’attention au prochain.
– Votre principal sujet d’admiration ?
– La faiblesse de Dieu. Voir à quel point Dieu est désarmé. Il a fait dépendre le plus haut du plus bas. Le supérieur dépend de l’inférieur, mais la réciproque n’est pas vraie : « la rose a besoin du fumier, mais le fumier se passe fort bien de la rose ». Dieu a besoin de l’homme mais l’homme se passe fort bien de Dieu. Il s’est rendu esclave des causes secondes.
– Votre mot d’amour préféré ?
– Ti voglio bene, « je t’aime » en italien, ce qui signifie : « Je te veux du bien ». « Aimer un être, disait Gabriel Marcel, c’est lui dire : Toi, tu ne mourras pas ». En amour, je serais un peu porté à la démesure : j’aime beaucoup le « je choisis tout » de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et ce mot d’un voisin paysan me parlant de la femme aimée : « Quand je la regarde, je ne la vois plus ».
L’amour humain, c’est la soif d’infini appliqué au fini. J’ai aimé les choses du temps d’un amour éternel, et c’est déchirant. Les grands moments de l’amour humain sont appel beaucoup plus que plénitude. C’est pourquoi je sais gré à l’amour de m’avoir sauvé du bonheur.
– Ce dont vous êtes le plus fier ?
– Certains de mes mots d’esprit. Une amie quinquagénaire que j’appelais « Beauté » me lance : « Beauté, c’est un mensonge ! » Je lui réponds : « Non, un anachronisme ! » Cela ne vaut certes pas les réparties de l’abbé Mugnier, confesseur des dames du monde
: « Je suis passé devant un miroir, lui dit l’une d’elles, et je me suis trouvée jolie. Est-ce un péché ? – Non, Madame, ce n’est qu’une erreur ».
– À quelle tentation aimez-vous céder ?
– Aujourd’hui, à celle du silence. Mais j’ai goûté celle de la gourmandise, de la paresse
et de ce sexe qu’on dit beau. Et j’apprécie l’exactitude de ce mot de Chesterton : « L’homme boitera toujours par le sexe, et pourtant il est au milieu ».
– Vos plats préférés ?
– Le caviar et la purée de pommes de terre.
– Votre définition de l’homme ?
– De l’éternité en devenir. Une âme immortelle dans un animal, cela donne quelques
excuses… Je me sens très péguyste :
« Que Dieu leur soit clément et que Dieu leur pardonne
Pour avoir trop aimé la terre périssable ;
C’est qu’ils en étaient faits,
Ô Dieu qui les avez pétris de cette terre
Ne vous étonnez pas qu’ils soient trouvés terreux… »
– Votre définition de l’homme marié ?
– Celui qui, dégrisé, tient ses serments d’ivrogne. Mon expérience m’a montré qu’on ne se marie pas seulement parce qu’on aime, mais pour aimer.
– Si vous pouviez faire un miracle ?
– Je ressusciterais Simone Weil, Marie Noël, Maurras en tant que poète, pour leur dire toute la reconnaissance que je n’ai su leur exprimer de leur vivant.
– État présent de votre esprit ?
– Celui d’une veilleuse éclairant des ruines. Cette veilleuse est ma conscience. Je me sens à la fois rejeté par le temps et indigne de l’éternité. Je n’ai pas la grâce de Simone Weil qui priait le ciel de mourir gâteuse. On vieillit bien tant qu’on ne vieillit pas.
– Votre foi ?
– Du désespoir surmonté. Une foi éprouvée, qui n’est plus une armure mais une blessure. Je parie Dieu. « Il faut aimer Dieu comme s’Il n’existait pas », soutenait Simone Weil. Je sens en moi ce combat entre le croyant en Dieu et le voyant de l’absence de Dieu. Mère Marie-Thérèse, une carmélite d’Avignon, disait : « Ce n’est pas la vertu que Dieu demande, c’est d’être trouvé pauvre ». Et pauvre même de nos certitudes et de nos vertus ! Dieu a d’abord été pour moi puissance et loi ; puis lumière et amour ; enfin absence
et nuit. C’est peut-être en cela qu’Il ressemble le plus à Lui-même. Il me devient chaque jour de moins en moins étranger et de plus en plus inconnu : je suis devenu un agnostique adorateur.
– Comment aimeriez-vous mourir ?
– Comme une olive qui tombe. Comme le dit Marc Aurèle : « … finir, avec sérénité, comme une olive qui, parvenue à maturité, tomberait en bénissant la terre qui l’a portée,
et l’arbre qui l’a nourrie ». Seulement nous ne sommes pas des olives : je mourrai comme une plante qu’on arrache. J’ai trop aimé la terre pour mourir sans déchirement. Mourir est à la fois naturel et inhumain. Toute une part de moi-même refuse de suivre la nature. Je me sens fatigué de la terre et attaché à sa beauté. J’ai peur du néant, et en même temps une telle lassitude de la relativité des choses d’ici-bas, du mélange de bien et de mal, que j’aspire à un monde non mélangé ; selon les moments j’incline vers le refus ou vers le désir. Il faut consentir à ce que les choses se détachent de nous puisque nous ne savons pas nous détacher d’elles…
– Votre épitaphe ?
– Adieu, à Dieu.

– Votre mot de la fin ?
– « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ». J’aime aussi le dernier mot de la dernière lettre que j’ai reçue de mon amie Marie Noël : « Je tombe de sommeil en Dieu ». Elle avait pourtant perdu le Dieu de son enfance et découvert une nuit sans étoiles. Au bout de ce « combat désespéré pour sauver Dieu », elle constatait que « Dieu n’est pas un lieu tranquille ».
Je fais mien son Credo de l’Office pour l’enfant mort :
« Ô vous par qui la vie est peine
Et mal, et mort, je crois très bas
À la bonté haute, inhumaine,
Terrible, qu’on ne comprend pas ».

Questions posées et propos recueillis par Luc Adrian, « Gustave Thibon à la question », Famille chrétienne n° 809 (15 juillet 1993)

mardi 20 mars 2012

En attendant le mercredi 28 mars 2012...




Les éditions L’Age d’Homme vous invitent
le mercredi 28 mars 2012 (17h-21h)
au 13ème anniversaire des bombardements
de la Serbie par l’OTAN (24 mars 1999)

Géopolitique. Histoire. Spiritualité. Littérature.

Programme

17h 10 A propos du film d’Angelina Jolie, Au pays du sang et du miel. Avec Alain Paucard et Théophane Le Méné
Voir http://www.causeur.fr/angelina-jolie-au-pays-des-bons-et-des-mechants,15987



17h 40 Présentation de Lettre à Xenie de saint Grégoire Palamas (nouveauté). Avec Marko Despot. Lectures : Zorica Terzic.

18h 10 Le Kosovo en 2012. Avec Komnen Becirovic, Arnaud Gouillon et Anne Yelen.

Pause

19h Présentation du Pays natal de Borisav Stankovic. Avec Vladimir Cejovic et Anne Renoue. Lectures : Nell Reymond.

19h 30 Hommage à Jacques Merlino, l’auteur des Vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire, à l’occasion de son nouveau livre Profession : reporter (L’Harmattan). Avec Jacques Merlino, Kosta Christitch et Maurice Pergnier.

20h Lancement du Dossier H consacré à Vladimir Dimitrijevic (28 mars 1934-28 juin 2011), dirigé par Lydwine Helly et Jacqueline de Roux. Avec Gérard Conio et Pierre Omcikous.


Pour tout renseignement, consulter le blog :
http://librairieagedhomme5rferouparis.blogspot.com/
LIBRAIRIE L’ÂGE D’HOMME
5, RUE FEROU - 75006 PARIS
Tél. : 01 55 42 79 79
M° Saint-Sulpice ou Mabillon
lydwine.helly@free.fr – 06 75 87 17 02

jeudi 1 mars 2012

Prochain rendez-vous pour les Amis de L'Age d'Homme : le Salon du Livre de Paris (16-19 mars 2012) à la Porte de Versailles

La lettre aux Amis de L'Age d'Homme de mars 2012 : http://www.lagedhomme.com/site/medias/Lettre_Mars.pdf


Salon du livre de Paris 16-19 mars 2012

Retrouvez les éditions L’Age d’Homme au Salon du Livre de Paris (16-19 mars 2012) au Stand des éditeurs suisses : dédicaces et événements.

Liste des auteurs et horaires des dédicaces :

- Pascal BACQUE, La légende d’Elias. T. 1. La colère de la terre, préface Bernard-Henri Lévy. DIMANCHE 18 MARS 13H-15H
- Philippe BARTHELET, Dossier H. Gustave Thibon. SAMEDI 17 MARS 15H-17H
- Gérard CONIO, co-directeur de la collection des « Classiques slaves ». VENDREDI 16 MARS 15H-17H ; DIMANCHE 18 MARS 15H-17H
- Alain CORBELLARI (dir.), Œuvres complètes de Charles-Albert Cingria, t. 1 et 2. Récits. DIMANCHE 18 MARS 12H-15H
- Joël DICKER, Les derniers jours de nos pères, Fallois/L’Age d’Homme. Prix du roman des écrivains genevois. VENDREDI 16 MARS 13H-15H ; SAMEDI 17 MARS 11H-13H.
- François FELIX, directeur de la collection philosophique de L’Age d’Homme « Etre et devenir » : 10 volumes parus. Nouveautés : Rudolph Carnap, Construction et réduction. Textes inédits sur le physicalisme (1922-1955), éd. Bernard Andrieu et François Félix, 2011 ; Karl Popper, Question de méthode en psychologie de la pensée, trad. de l’allemand par François Félix, introduction de Bernard Andrieu et François Félix, 2011 ; La réception croisée de Hegel en Allemagne et en France au XIXe siècle, dir. François Félix et Philippe Grosos, 2011. VENDREDI 16 MARS 13H-15H
- Gérard GENOT, co-directeur du « Domaine italien », traducteur de L’Ile Paradis d’Eugenio Corti. DIMANCHE 18 MARS 16H-19H
- Christopher GERARD, Vogelsang ou la mélancolie du vampire. SAMEDI 17 MARS 16H-18H
- Lydwine HELLY (dir), Notre Dimitri. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011). VENDREDI 16 MARS 15-17H ; DIMANCHE 18 MARS 11H-13H
- Gérard JOULIE préfacier et traducteur de Une brève histoire d’Angleterre de Gilbert K. Chesterton. VENDREDI 16 MARS 15H-17H ; SAMEDI 17 MARS 11H-13H
- Henry LE BAL, Naamah. Roman. SAMEDI 17 MARS 15H-17H ; DIMANCHE 18 MARS 11H-13H
- François LIVI, co-directeur du « Domaine italien », Italica. L’Italie littéraire de Dante à Eugenio Corti. DIMANCHE 18 MARS 17H-19H
- Davide LUGLIO (dir), Le théâtre de Dario Fo et Franca Rame. Poétique et dramaturgie, Revue des Etudes italiennes. DIMANCHE 18 MARS 16H-19H
- Matthieu MEGEVAND, Les deux aveugles de Jéricho, Prix de la Société littéraire de Genève 2011. SAMEDI 13H-15H.
- Notre Dimitri. Vladimir Dimitrijevic (1934-2011), portrait-hommage au fondateur de L’Age d’Homme (25 textes). Avec Gérard Conio, Lydwine Helly, Gérard Joulié, Béatrice Picon-Vallin, Jacqueline de Roux. VENDREDI 16 MARS 15H-18H ; DIMANCHE 18 MARS 11H-13H
- Béatrice PICON-VALLIN, directrice de la collection « Théâtre XXe siècle » VENDREDI 16 MARS 15H-17
- Jacqueline de ROUX, directrice de la collection « Dossier H ». VENDREDI 16 MARS 15H-17H

Evénements au stand de L’Age d’Homme :
- Présentation et lectures de Notre Dimitri (vendredi 16 mars – 15h-17h) avec Gérard Conio, Lydwine Helly, Gérard Joulié, Béatrice Picon-Vallin et Jacqueline de Roux
- Présentation de l’édition des Œuvres complètes de Cingria (dimanche 18 mars – 12h-15h) avec le Pr Alain Corbellari, Patrick Kéchichian (La Croix) et Thierry Clermont (Figaro Littéraire)
- Présentation du « Domaine italien » (dimanche 18 mars – 17h-19h) avec Pr Gérard Genot, Pr François Livi et Pr Davide Luglio.


Pour tout renseignement : lydwine.helly@free.fr 06 75 87 17 02